Politique · Négociations de coalition
La première femme cheffe du gouvernement du Maroc détient 97 sièges et en a besoin de 198
Fatima Ezzahra El Mansouri a le mandat du roi et la bénédiction de son parti pour négocier. Au 5 octobre, elle n'a ni coalition, ni cabinet, ni programme.
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Traduit de l’original anglais.
Suivi du dossierJour 7
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Sur les 395 sièges de la Chambre des représentants du Maroc, 97 appartiennent au parti de la femme que le roi vient de charger de diriger le pays. Cela représente environ 24,6 pour cent de la chambre. Ce chiffre en dit plus sur les semaines à venir que le titre.9
Le roi Mohammed VI a reçu Fatima Ezzahra El Mansouri au Palais royal de Rabat le 29 septembre 2026. Il l'a nommée cheffe du gouvernement et lui a demandé de former le nouveau cabinet.2 Elle est la première femme à occuper ce poste.7 Elle est aussi maire de Marrakech et coordinatrice de la direction collégiale du Parti Authenticité et Modernité (PAM), arrivé en tête des élections du 23 septembre.49 Le ministère de l'Intérieur a confirmé le 25 septembre que les résultats définitifs correspondaient exactement aux résultats préliminaires.5
Faits essentiels
Les chiffres 101 et 163 sont le fruit de notre calcul, et non une exigence de négociation de quiconque. La chambre de 395 sièges et le seuil de 198 sièges proviennent de reportages sur l'élection et la coalition. Nous n'avons pas pu retrouver le texte de la règle constitutionnelle sur le vote de confiance, et ne présentons donc pas 198 comme une citation de celle-ci.15 Le Rassemblement national des indépendants (RNI) est arrivé deuxième avec 66 sièges.9 Même une alliance PAM-RNI resterait très loin du compte, et aucune alliance de ce type n'a été annoncée.
Une rectification sur le mot « majorité »
Notre article du 30 septembre indiquait que le PAM avait remporté une large majorité parlementaire. Le décompte des sièges ne l'étaye pas. Un compte rendu du 25 septembre, selon lequel le PAM devrait chercher une coalition, était la bonne lecture.8 La nomination découle de l'arrivée en tête, non du contrôle de la chambre. Un commentaire de l'article 47 de la Constitution de 2011 indique que le chef du gouvernement est nommé au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre, en fonction de ses résultats.42 Nous n'avons pas pu retrouver le texte constitutionnel lui-même, de sorte que cela repose sur un commentaire. Arriver en tête donne à un parti la première tentative de formation d'un gouvernement. Cela ne lui fait pas gagner le vote.
Des discussions sans accord
Le 30 septembre, El Mansouri a entamé des consultations séparées avec le RNI, l'Istiqlal, le Mouvement populaire, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Le RNI a eu la première rencontre.36 Les dirigeants cités dans les reportages étaient Mohamed Ouzzine, Driss Lachgar et Nabil Benabdallah.34 Le 1er octobre, elle a poursuivi avec l'Union constitutionnelle et le Mouvement démocratique et social, dirigés par Mohamed Joudar et Abdessamad Archane.33
Le Parti de la justice et du développement (PJD) illustre le mieux le peu que prouve une rencontre. Le 30 septembre, Morocco World News a rapporté que son chef, Abdelilah Benkirane, avait accepté de la rencontrer tout en maintenant son parti hors de toute coalition.37 Le lendemain, le même média a rapporté qu'il avait refusé.33 Le récit est passé d'une rencontre attendue à un refus. Nous n'avons trouvé ni rencontre tenue ni nouvelle date. Dans les deux cas, le PJD ne peut pas être compté comme partenaire.
Des urnes au mandat
- Mer. 23 sept.5
Tenue des élections législatives.
- Ven. 25 sept.5
Le ministère de l'Intérieur confirme que les résultats définitifs correspondent aux résultats préliminaires.
- Mar. 29 sept.2
Le roi Mohammed VI nomme El Mansouri cheffe du gouvernement et la charge de former un gouvernement.
- Mer. 30 sept.34
Début de discussions séparées avec le RNI, l'Istiqlal, le Mouvement populaire, l'USFP et le PPS.
- Jeu. 1er oct.33
Discussions avec l'UC et le MDS ; Benkirane, du PJD, aurait refusé de la rencontrer.
- Sam. 3 oct.32
Le Conseil national du PAM lui donne les pleins pouvoirs pour négocier la prochaine majorité gouvernementale.
La décision du 3 octobre est importante. Elle signifie qu'elle peut négocier sans retourner devant son propre parti pour obtenir son accord sur chaque point. Il s'agit toujours d'une autorisation interne, et non d'un accord avec quiconque.32 Le reportage de FRANCE 24 à l'origine de cet article indiquait qu'elle consulterait au sein du PAM, puis d'autres groupes, et soumettrait au roi une proposition de cabinet dès que possible.1 Cette formule ne fixe aucun délai. Nous n'avons pas pu retrouver le texte intégral de ses propos, et ne les traitons donc pas comme une citation textuelle. Nous n'avons trouvé ni liste ministérielle, ni programme convenu, ni date pour un prochain cycle de discussions.
Ce dont un gouvernement hériterait
FRANCE 24 a cité le chômage généralisé, la hausse du coût de la vie et la persistance des inégalités parmi les pressions pesant sur le futur gouvernement.1 Les chiffres demandent de la prudence. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) du Maroc est passé à une nouvelle enquête sur les forces de travail, EMO2026. Des sources secondaires situent le chômage national au sens strict à 9,5 pour cent au deuxième trimestre 2026, contre 10,8 pour cent au premier.2429 La note du HCP que nous avons pu consulter confirme l'enquête et le trimestre, mais son extrait ne montre pas les tableaux. L'enquête a modifié les concepts et les méthodes, et le HCP a recalculé les indicateurs 2017-2025 en conséquence.58 Les comparaisons avec d'anciens chiffres non ajustés sont donc hasardeuses. Un autre chiffre, 22,5 pour cent, qui circule dans une analyse du 1er octobre, additionne les chômeurs, les personnes en sous-emploi et celles hors de la population active. Ce n'est pas le taux de chômage.27 Nous n'avons pas pu obtenir de taux précis pour les jeunes ni pour les femmes, bien que des rapports signalent que ces deux groupes subissent une pression particulière.
Concernant les prix, l'indice d'août 2026 du HCP a progressé de 0,8 pour cent sur le mois. L'alimentation a augmenté de 0,9 pour cent et le non-alimentaire de 0,7 pour cent. L'inflation sous-jacente a augmenté de 0,2 pour cent sur le mois et de 0,1 pour cent sur un an.57 Les 0,1 pour cent correspondent à une mesure sous-jacente. Ce n'est ni l'inflation globale ni l'inflation alimentaire, et les extraits que nous avons vus ne donnent de chiffre annuel pour aucune des deux. Nous n'avons pas pu établir la date de publication, et ne pouvons donc pas dire que les données étaient publiques avant la date limite du 5 octobre.
Rien de tout cela ne préjuge de ce qu'elle fera. Une coalition bâtie pour se partager les portefeuilles serait très différente d'une coalition construite autour d'un programme. À la date limite, nous n'avons aucun moyen de savoir laquelle ce sera.
Ce que l’on sait
- Le roi Mohammed VI a nommé El Mansouri cheffe du gouvernement le 29 septembre 2026 et l'a chargée de former un gouvernement. 2
- Le PAM a remporté 97 sièges et le RNI 66 ; les résultats définitifs sont identiques aux résultats préliminaires. 95
- Le Conseil national du PAM lui a donné, le 3 octobre, les pleins pouvoirs pour négocier la prochaine majorité. 32
- Elle a consulté le RNI, l'Istiqlal, le Mouvement populaire, l'USFP, le PPS, l'UC et le MDS ; le PJD de Benkirane aurait refusé de la rencontrer. 3433
Ce que l’on ignore
- Quels partis rejoindront réellement le gouvernement, et à quelles conditions.
- Si une rencontre avec le PJD aura jamais lieu, et quel est le total de sièges de l'Istiqlal. Le chiffre de 65 figurant dans un tableau secondaire n'est pas confirmé.
- Le libellé constitutionnel exact sur le vote de confiance et la procédure de proposition du cabinet.
La suite
- Tout partenaire de coalition annoncé, ou un prochain cycle de consultations daté.
- Une liste ministérielle soumise au roi, et un programme de gouvernement.
Tel que diffusé 15 lignes
- King Mohammed VI appointed Morocco’s first woman Head of Government.
- Fatima Ezzahra El Mansouri must build a governing majority from a party holding just 97 of 395 parliamentary seats. The negotiations will shape a government facing unemployment, household costs and persistent inequalities.
- How far has she moved from a historic appointment toward an agreed government?
- The appointment gave El Mansouri a formation mandate, not a completed cabinet. The King appointed her at the Royal Palace in Rabat on September 29, 2026, and tasked her with forming the government. October 2 was not another appointment date.
- El Mansouri’s party needs another 101 seats to reach the 198-seat majority benchmark. Her Authenticity and Modernity Party, known as PAM, finished first, but its 97 seats represent approximately 24.6 percent of the House of Representatives. That is nearly a quarter of the chamber, not a sweeping parliamentary majority. The election took place on September 23. Preliminary results appeared on September 24, and the Interior Ministry confirmed on September 25 that the final results were unchanged. The confirmation was published on September 26. Winning the largest bloc gives PAM the lead in government formation; it does not let PAM govern alone.
- The second-place party cannot close that gap by itself. The National Rally of Independents, or RNI, won 66 seats. Combined with PAM, that would make 163, still 35 short of 198. Those totals are arithmetic, not an announced alliance or a negotiating demand. A meeting between the two parties does not establish that either has committed to govern with the other. Istiqlal’s suggested tally of 65 has not been independently confirmed in the official election material, so it cannot provide a verified basis for further coalition calculations.
- PAM’s National Council gave El Mansouri full authority to negotiate the next governing majority on October 3. That is a concrete advance within her own party, not an agreement with another party. Separate consultations began on September 30 with RNI, Istiqlal, the Popular Movement, the Socialist Union of Popular Forces, known as USFP, and the Party of Progress and Socialism, known as PPS. RNI received the first meeting; Istiqlal followed as the second major consultation. The participating leaders included Mohamed Ouzzine of the Popular Movement, Driss Lachgar of USFP and Nabil Benabdallah of PPS. On October 1, talks continued with the Constitutional Union, or UC, led by Mohamed Joudar, and the Democratic and Social Movement, or MDS, led by Abdessamad Archane. These contacts establish neither acceptance of ministries nor agreement on policies or coalition membership.
- Abdelilah Benkirane ruled out bringing his Justice and Development Party, or PJD, into the coalition. The meeting account also changed: an agreement to meet on September 30 was followed by a refusal on October 1. The anticipated meeting had been scheduled at PAM headquarters after the UC and MDS consultations. A disagreement over the setting was mentioned, but no completed meeting or rescheduled date is established. Even the earlier agreement to meet never meant an agreement to join the government. PJD cannot be counted as a governing partner.
- El Mansouri already has experience running a city and holding a national ministry. She was 50 at the appointment and is a lawyer by training. She served as Marrakech’s first woman mayor from 2009 to 2015 and returned to the mayoralty in 2021. During 2021–2026, she served under Aziz Akhannouch as the minister responsible for territorial planning, urban planning, housing and city policy. She also coordinates PAM’s collegial leadership. Her exact birth date and the precise dates of her ministerial and party-leadership appointments have not been independently confirmed in official institutional records.
- PAM’s first-place finish explains the link between the election and the royal appointment. The appointment clause of Article 47 of the 2011 Constitution connects selection of the Head of Government to the party that came first in the House election, on the basis of its results. The appointment framework also involves the King appointing ministers on the Head of Government’s proposal. But the complete operative passages of Articles 47 and 88 have not been independently verified here. The 198-seat coalition benchmark should not be presented as an authenticated quotation of the constitutional confidence-vote rule. Nor does El Mansouri’s appointment establish that a completed cabinet has assumed office.
- National strict unemployment stood at 9.5 percent in the second quarter of 2026, compared with 10.8 percent in the first quarter. The 10.8 percent figure is not a newer October measurement. These numbers belong to the new EMO2026 labour-force survey, which replaced the earlier ENE framework and introduced conceptual and methodological changes. Provisional quarterly indicators for 2017–2025 have also been retrospectively recalculated. Comparisons with older, unrecalculated statistics therefore need caution; the detailed comparability rules and full unemployment definition have not been independently verified. Young people aged 15 to 24 and women face particular employment pressure, but their exact rates are not established here. A separate 22.5 percent measure combines unemployment, underemployment and people outside the labour market within an expanded labour-force measure. Its full definition and denominator are unavailable. It is not the strict unemployment rate.
- Food prices rose 0.9 percent in August compared with the previous month. Overall consumer prices increased 0.8 percent, while non-food prices increased 0.7 percent. These are August monthly measurements, not annual rates and not proof of what prices did on the appointment day. Underlying inflation rose 0.2 percent monthly and 0.1 percent annually. That annual 0.1 percent cannot be substituted for annual headline inflation or annual food inflation; neither annual rate is established here. The August release date is also unconfirmed, so its availability before the October 5 cutoff cannot be established. Earlier April price figures lack adequately verified comparison bases and cannot establish a reliable current comparison.
- El Mansouri has authority to negotiate, but no agreed government is established by October 5. That answers the immediate question: consultations and an internal party mandate are confirmed advances; agreed partners, a finalized cabinet, a submitted ministerial lineup and a common government programme remain unconfirmed.
- She intended to consult within PAM, then other political groups, and submit a proposed lineup to the King as soon as possible. The precise wording and context of those intentions have not been independently verified. They establish neither a completed submission nor a calendar deadline.
- No verified programme yet establishes which employment, affordability or inequality measures El Mansouri and her eventual partners will adopt. There is no confirmed next meeting date, cabinet-submission deadline or government-announcement date.
Sources
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