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Entreprises · Aviation arabe

Les compagnies aériennes arabes face à 4,3 milliards de dollars de pertes, les conflits et les coûts mettant les plateformes sous pression

Après des bénéfices de 11 milliards de dollars en 2025, les membres de l’AACO font face à un retournement brutal : la demande recule plus vite que la capacité, tandis que le carburant absorbe une part croissante des coûts.

Rédigé 7 min de lecture

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Traduit de l’original anglais.

4,3 milliards de dollars de pertes cumulées : telle est la prévision de l’Organisation arabe des transporteurs aériens (AACO) pour ses compagnies membres en 2026, un an après avoir dégagé environ 11 milliards de dollars de bénéfices. La dégradation projetée de 15,3 milliards de dollars marque un retournement brutal pour des transporteurs dont les plateformes relient passagers et marchandises bien au-delà du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Il s’agit d’une prévision pour l’ensemble de l’année, et non de pertes déjà déclarées.⁠5

La pression s’exerce des deux côtés de l’activité. Les perturbations liées aux conflits affaiblissent le trafic et compliquent les opérations, tandis que la hausse des coûts de l’énergie absorbe une part croissante des dépenses des compagnies aériennes. La demande de passagers devrait se contracter beaucoup plus rapidement que la capacité de transport proposée par les membres. Les compagnies se retrouvent ainsi avec des avions moins remplis, au moment même où leur charge de coûts devient plus difficile à supporter.⁠5⁠3

L’AACO a mis son rapport annuel à la disposition des délégués sous forme électronique lors de sa 59e assemblée générale annuelle à Doha, où des séances de travail se sont tenues le 3 novembre, après l’ouverture du 2 novembre. Qatar Airways a accueilli la réunion, présidée par son directeur général du groupe, Hamad Al-Khater. Plus de 200 dirigeants et acteurs du secteur y ont participé. L’association représente 39 compagnies aériennes, dont Qatar Airways, Emirates, Etihad Airways et Gulf Air. Sa prévision collective ne signifie pas que chaque membre sera déficitaire.⁠5⁠3

Les facteurs derrière la perte annoncée

Il ne s’agit pas de la prolongation d’une mauvaise année 2025. Les membres ont terminé cette année avec une marge nette de 10.8%. Le trafic passagers a progressé de 7.6%, dépassant la hausse de capacité de 5.8%, tandis que le trafic de fret a augmenté de 4%. Les compagnies ont abordé 2026 avec une activité bénéficiaire et une demande en hausse.⁠5

Nous avons commencé 2026 sur une forte dynamique, après une année 2025 marquée par de très bons résultats. Malheureusement, cette dynamique ne s’est pas poursuivie.

Abdul Wahab Teffaha 11

Dans son allocution sur le secteur, le secrétaire général de l’AACO a déclaré que la crise qui a débuté dans la région à la fin de 2023 avait étendu ses effets cette année, exerçant une nouvelle pression sur le réseau de transport aérien. Les perspectives décrivent les dommages qui en résultent, mais n’attribuent aucune perte en dollars à une attaque, une fermeture ou un détournement de route en particulier.⁠11⁠5

Faits essentiels

  1. −10.3%Prévision de la demande de passagers des membres en 2026 5
  2. −4.7%Prévision de la capacité passagers des membres en 2026 5
  3. −5.2%Prévision du trafic de fret des membres en 2026 5

Les indicateurs passagers tiennent compte de la distance, et pas seulement du nombre de personnes qui embarquent. Les passagers-kilomètres payants correspondent au nombre de passagers payants multiplié par la distance parcourue ; les sièges-kilomètres offerts correspondent au nombre de sièges proposés multiplié par la distance parcourue. L’écart entre leurs baisses prévues est important : les compagnies devraient réduire l’offre, mais pas assez vite pour suivre la chute de la demande. L’AACO prévoit un coefficient de remplissage passagers de 77% en 2026, contre 81.8% en 2025.⁠5⁠11

Le fret connaît lui aussi un retournement. Sa contraction prévue fait suite à la croissance de l’an dernier, mesurée en tonnes-kilomètres de fret : le poids des marchandises multiplié par la distance parcourue. Il s’agit d’une prévision de baisse de l’activité de transport, et non d’une annonce de diminution de 5.2% des recettes du fret ni d’un décompte des expéditions déjà annulées. Pour les entreprises qui utilisent les plateformes de la région, l’inquiétude porte sur un réseau soumis à des tensions opérationnelles alors qu’il transporte moins de marchandises.⁠5

Le carburant accentue encore la pression. Dans son article du 5 novembre consacré au rapport annuel, Euronews indique que le carburant devrait représenter 37.3% des coûts d’exploitation des compagnies membres en 2026, contre 27.9% en 2025, soit une hausse de 9.4 points de pourcentage. Il s’agit de parts du total des coûts, et non d’une prévision d’augmentation de 37.3% du prix du carburant lui-même. Les parts comparables à l’échelle mondiale sont de 31.4% et 25.4%, ce qui signifie que la charge prévisionnelle du carburant est plus lourde pour les membres que pour l’ensemble du secteur.⁠3

L’AACO prévoit que la marge d’exploitation de ses membres passera en territoire négatif, à moins 2.7%, contre un niveau positif de 11.8% en 2025. Cet indicateur mesure les bénéfices tirés de l’activité courante ; il est distinct du résultat net et ne constitue pas une perte supplémentaire à ajouter aux 4,3 milliards de dollars prévus.⁠5

Un retournement régional, et non des pertes mondiales

Le secteur aérien dans son ensemble ralentit, mais ses perspectives restent sensiblement différentes. Le bénéfice net mondial devrait s’établir à environ 23 milliards de dollars en 2026. D’après les chiffres du rapport annuel repris par Euronews, il s’agirait du bénéfice le plus faible en 12 ans, si l’on exclut la période du COVID-19 et ses suites. Cette précision est importante : il ne s’agit pas d’affirmer que les bénéfices passeront sous les niveaux de la pandémie.⁠3

La demande mondiale de passagers devrait progresser de 2.1%, contre 5.3% en 2025, tandis que la croissance du fret aérien mondial devrait ralentir, passant de 3.3% à 0.7% au maximum. Ces deux prévisions indiquent toujours une expansion, contrairement aux contractions attendues pour les membres de l’AACO. Comme la capacité mondiale de transport de passagers devrait croître moins vite que la demande, le coefficient de remplissage mondial devrait atteindre 83.9%, contre 83.5%. Les moyennes régionales et mondiales reflètent des conditions d’exploitation différentes.⁠11

Les compagnies aériennes ont également peu de marge pour résoudre leurs problèmes en renouvelant leur flotte. Selon l’AACO, les retards de livraison d’avions, de moteurs et de pièces détachées limitent les plans de remplacement et font augmenter les coûts d’exploitation. Le carnet mondial de commandes d’avions atteignait 17,250 unités en 2025 et devrait dépasser 18,000 d’ici à la fin de 2026. Son comité exécutif a chargé un groupe de travail d’étudier la mise en commun des stocks de pièces détachées, avec la possibilité d’étendre la coopération aux achats. Il s’agit d’une mesure opérationnelle à l’étude, et non d’un redressement déjà obtenu.⁠5

Une prévision, des situations très différentes selon les transporteurs

La prévision de pertes cumulées coexiste avec des projets d’expansion. Qatar Airways a déclaré à Euronews qu’elle augmentait ses vols d’hiver vers des destinations européennes, notamment Londres-Heathrow et Francfort, ainsi que ses liaisons en Asie, en Afrique et en Australie. Emirates a indiqué poursuivre la modernisation de ses appareils, soutenue par un investissement de 7 milliards de dollars, et a lancé une liaison quotidienne vers Helsinki en octobre. Les projets de croissance de transporteurs individuels ne remettent pas en cause une prévision de pertes à l’échelle de l’association. Ils ne permettent pas non plus de déterminer quelles compagnies échapperont au ralentissement.⁠3

L’AACO s’attend à des résultats variables selon l’emplacement des plateformes et l’exposition aux marchés touchés par les conflits. Elle n’a pas ventilé les 4,3 milliards de dollars de pertes prévues par compagnie. L’absence de cette répartition limite ce que le chiffre global peut apprendre aux passagers, aux employés ou aux investisseurs sur une compagnie en particulier.⁠5

La réunion de Doha s’est également opposée à une extension proposée des règles européennes sur les échanges de quotas d’émission, qui s’appliquerait à partir de 2029 aux vols partant de l’Espace économique européen à destination de pays situés hors de celui-ci, dans un rayon de 5,000 kilomètres autour de l’aéroport de Francfort. L’AACO estime que cette proposition porte atteinte à la souveraineté et met en garde contre le chevauchement des obligations environnementales, notamment le fait que les réductions d’émissions ne soient pas reconnues d’un système obligatoire à l’autre. Il s’agit d’un différend distinct sur la réglementation à venir, et non d’une cause établie des pertes prévues pour 2026.⁠5

Il existe aussi une réserve concernant les devises. Le communiqué de l’AACO confirme la prévision en dollars américains. Euronews l’a exprimée en 3,82 milliards d’euros, mais la date et la méthode de conversion n’ont pas été établies. Le montant en euros ne doit pas être interprété comme une deuxième prévision concurrente ni comme une estimation de l’AACO vérifiée de manière indépendante.⁠5⁠3

Le résultat final dépendra encore de l’évolution des conflits, des coûts du carburant et des perturbations opérationnelles pendant le reste de 2026. Les perspectives mettent déjà en évidence une combinaison de facteurs : demande plus faible, capacité passagers moins utilisée, recul de l’activité de fret et part plus importante des coûts consacrée au carburant. Les compagnies aériennes mondiales devraient malgré tout rester bénéficiaires. Dans leur ensemble, les membres de l’AACO s’apprêtent à vivre une année bien plus difficile.⁠5⁠3

Tel que diffusé
  1. Arab airlines face a four-point-three-billion-dollar combined loss forecast. Conflict is disrupting flights through hubs that connect passengers and freight far beyond the region. Their airline association expects passenger demand to fall faster than capacity. How much will those pressures change the final losses, and which carriers will bear them?
  2. The Arab Air Carriers' Organization expects its members to lose about 4.3 billion US dollars in calendar year 2026. The association represents 39 airlines across the Middle East and North Africa, including Qatar Airways, Emirates, Etihad Airways and Gulf Air.
  3. More than 200 executives and industry stakeholders gathered in Doha for the Qatar Airways-hosted meeting. Delegates received the annual outlook electronically at the association's fifty-ninth annual general meeting, whose working sessions took place November third, after the November second opening.
  4. The forecast reverses a strong year for these airlines. In 2025, members earned a 10.8 percent net margin. Passenger traffic grew 7.6 percent, while the seats offered, adjusted for distance flown, increased 5.8 percent. Cargo traffic grew four percent.
  5. Members earned about 11 billion US dollars in 2025. AACO now projects a 4.3 billion dollar loss for 2026. That's a 15.3 billion dollar deterioration in their combined bottom line, with the current year's final result still ahead.
  6. AACO secretary general Abdul Wahab Teffaha said the strong momentum at the start of 2026 didn't continue. The regional crisis began in late 2023, and its widening impact this year has disrupted operations and put renewed pressure on the transport network.
  7. Airlines measure passenger demand by multiplying paying passengers by the distance they travel. Capacity measures available seats multiplied by distance. Those measures capture how much flying customers buy and how much airlines offer. This year, AACO expects the gap between them to widen.
  8. Passenger demand is forecast to fall 10.3 percent, against a 4.7 percent reduction in capacity. Cargo traffic is expected to shrink 5.2 percent. That cargo measure combines freight weight and distance, capturing the transport work these airlines perform for businesses.
  9. AACO puts passenger load factor, the share of seat capacity actually used, at 77 percent this year, against 81.8 percent in 2025. It also forecasts a minus 2.7 percent operating margin. That measure of earnings from running the business stood at positive 11.8 percent in 2025 and 11.3 percent in 2024.
  10. Fuel's share of member operating costs rises from 27.9 percent in 2025 to a forecast 37.3 percent this year. That's 9.4 percentage points more of the cost bill. Worldwide, the comparable shares are 25.4 and 31.4 percent.
  11. Higher energy costs meet weaker demand, squeezing the money left from each flight. The consequences extend to businesses using the region's hubs to move goods, and to travellers connecting between continents. Airlines also face delivery delays that make renewing their fleets harder and more expensive.
  12. Worldwide airlines are still projected to earn about 23 billion US dollars in net profit this year. That would be their lowest profit in 12 years when the COVID period and its aftermath are excluded. AACO members face a much sharper collective reversal.
  13. Worldwide passenger-demand growth is expected to slow from 5.3 percent to 2.1 percent. Global cargo growth falls from 3.3 percent to no more than 0.7 percent. Both forecasts still show expansion, while AACO expects its members' traffic to contract.
  14. Global passenger capacity is forecast to grow 1.6 percent. With demand growing faster, worldwide load factor is projected to rise from 83.5 to 83.9 percent. The global operating margin stood at 7.2 percent in 2025. The regional and worldwide forecasts describe very different operating conditions.
  15. Manufacturers' global aircraft order backlog stood at 17,250 aircraft in 2025. AACO expects it to exceed 18,000 by the end of 2026. Delayed aircraft, engines and spare parts constrain fleet renewal and increase airlines' operating costs.
  16. Members had 1,587 aircraft in service at the end of July 2025. They received 121 aircraft during that year, and their combined order backlog reached 1,734. AACO's executive committee has directed a working group to study shared spare-parts inventories, with possible cooperation on procurement.
  17. Qatar Airways group chief executive Hamad Al-Khater, who chaired the meeting, said Middle East aviation supports as many as four million jobs. He put its contribution to the regional economy at about 290 billion US dollars.
  18. The sector's longer-term economic contribution is projected to reach 730 billion dollars by 2043. Arab airports handled more than 500 million passengers in 2025, an increase of 8.1 percent. That airport total reaches beyond AACO members' own traffic, showing the wider exposure of tourism, trade and workers to interrupted connections.
  19. AACO also opposed a proposed expansion of Europe's carbon-trading rules from 2029. It would cover flights departing the European Economic Area for countries outside it within 5,000 kilometres of Frankfurt Airport. The airlines say the expansion would infringe on national sovereignty.
  20. Teffaha warned of overlapping charges under European rules and CORSIA, the international aviation carbon-offsetting system. AACO wants emissions reductions recognised across those systems, including reductions linked to mandated sustainable fuel. Its resolution calls for globally coordinated measures that avoid charging airlines twice for the same emissions.
  21. Qatar Airways says it's increasing winter flights to major European destinations, including London Heathrow and Frankfurt. It also plans more flights across Asia, Africa and Australia. Emirates says it has restored about 91 percent of capacity and nearly 98 percent of its network.
  22. Emirates is also continuing fleet retrofits backed by seven billion dollars of investment. In October, it launched a daily Helsinki service, adding to its Nordic connections. Those expansion plans sit alongside a combined forecast that AACO expects to vary considerably with hub location and exposure to conflict-affected markets.
  23. The final 2026 outcome will depend on how conflict, fuel costs and operational disruption develop through the rest of the year. AACO hasn't allocated the projected 4.3 billion dollar loss carrier by carrier.

Sources10

18 sources de 10 médias· Les plus cités d’abord

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