Culture · Livres et liberté d’expression

Faber va suspendre l’approvisionnement en livres de Sally Rooney au Royaume-Uni en raison des risques liés à la législation antiterroriste

Plus d’un million d’exemplaires de *Normal People* ont été vendus au Royaume-Uni. Faber prévoit désormais de cesser de fournir les œuvres de Rooney dans tous les formats en raison du risque lié au versement de ses revenus — et non d’une décision de justice établie contre ses romans.

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Plus d’un million d’exemplaires de Normal People ont été vendus au Royaume-Uni à lui seul. Il s’agit d’un roman de Sally Rooney sur un marché, et non de l’ensemble de ses lecteurs. Faber a désormais décidé de cesser de fournir ses œuvres sur ce marché, dans tous les formats, car l’éditeur estime que rémunérer son autrice présente désormais un risque au regard de la législation antiterroriste. 1 22

Annoncée le 14 octobre 2026 et prise avec l’accord de Rooney, cette décision transforme en restriction concrète de publication une menace qu’elle avait évoquée l’an dernier. Faber indique qu’il continuera à vendre ses œuvres dans d’autres territoires. La limite concerne son approvisionnement au Royaume-Uni, pas les écrits de Rooney partout dans le monde. 1

Le problème immédiat concerne l’argent, et non une interdiction établie du contenu des romans. Après l’interdiction de l’organisation comme organisation terroriste au Royaume-Uni en juillet 2025, Rooney s’est publiquement engagée à soutenir Palestine Action grâce à ses revenus et à sa tribune publique. Faber affirme que la législation en vigueur l’empêche de lui reverser ses revenus britanniques sans risquer d’enfreindre la législation antiterroriste. 1 11

Cette distinction est essentielle. Les articles établissent la décision d’un éditeur concernant son exposition juridique ; ils n’établissent ni une décision judiciaire ou gouvernementale interdisant les livres de Rooney, ni une condamnation de celle-ci pour une infraction de financement, ni un jugement déclarant ses romans illégaux. Ils n’établissent pas non plus que tout versement de droits d’auteur à Rooney constitue nécessairement une infraction. 1 4 29

Ce que les lecteurs perdront concrètement

La décision de Faber porte sur les œuvres de Rooney dans tous les formats, et non sur un seul roman ou une édition particulière. Les articles citent Normal People et Conversations with Friends, mais ne fournissent pas de liste exhaustive titre par titre. Le chiffre d’un million d’exemplaires concerne uniquement Normal People. 1 6 22

La suspension de l’approvisionnement n’équivaut pas à la disparition immédiate de tous les exemplaires. Les conséquences pratiques de l’annonce restent en partie indéterminées : aucun calendrier de mise en œuvre n’est établi, pas plus qu’une explication de ce que les libraires doivent faire des stocks existants ou un compte rendu d’éventuels accords distincts pour certains formats. Les lecteurs ne peuvent pas encore savoir à quelle vitesse la disponibilité évoluera.

Aucun montant vérifié des droits d’auteur concernés, aucun pourcentage des revenus de Rooney en jeu ni aucune estimation des pertes pour Faber et les libraires n’ont non plus été communiqués. L’ampleur du lectorat donne à cette décision des conséquences importantes, sans qu’il soit nécessaire d’inventer un bilan financier.

L’engagement à l’origine du risque lié aux paiements

La position de Rooney était explicite en août 2025. Elle avait l’intention de continuer à soutenir Palestine Action malgré son interdiction, avec les revenus tirés de ses œuvres et grâce à sa tribune publique. 11

Je tiens à préciser que j’ai l’intention de continuer à soutenir Palestine Action et les actions directes contre le génocide.

Sally Rooney 8

The Times et The Independent ont également rapporté que cet engagement incluait les revenus tirés des adaptations de la BBC, décrits respectivement comme des cachets et des droits d’auteur. Aucun montant, pourcentage ni transfert effectué n’est établi. Ces articles ne désignent pas Normal People et Conversations with Friends comme les adaptations précises générant les revenus promis. Une intention annoncée ne prouve pas qu’un paiement a ensuite été effectué. 46 47

La préoccupation juridique va donc au-delà de l’expression d’une opinion politique par une autrice. Elle concerne le fait de payer une personne qui a déclaré avoir l’intention de soutenir une organisation interdite. L’article 15 du Terrorism Act 2000 inclut le fait de fournir de l’argent ou d’autres biens parmi les éléments constitutifs d’une infraction de financement, à laquelle s’ajoute une condition de connaissance ou de soupçon. Le test légal complet et son application aux droits d’auteur de Rooney ne sont pas établis ici. 29

L’article 14 définit les biens terroristes comme incluant l’argent ou d’autres biens susceptibles d’être utilisés à des fins terroristes, y compris les ressources d’une organisation interdite. Mais cette définition, à elle seule, ne permet pas d’établir que payer Rooney satisfait à tous les éléments constitutifs d’une infraction de financement. La question de savoir si un paiement particulier enfreindrait la loi ou si un dispositif de protection pourrait permettre le paiement reste sans réponse. L’évaluation du risque par Faber ne doit pas être confondue avec une décision judiciaire sur la responsabilité. 32 29

L’incertitude avait déjà modifié les projets de Rooney. En septembre 2025, The Guardian a rapporté qu’elle ne pouvait pas se rendre au Royaume-Uni pour recevoir un prix littéraire, car elle craignait que son entrée dans le pays l’expose à une arrestation. Il s’agissait d’une conséquence sur ses déplacements découlant de sa préoccupation déclarée, et non d’une arrestation. 25

Le 27 novembre 2025, la BBC a rapporté qu’elle avait averti la Haute Cour qu’il était « presque certain » qu’elle ne pourrait pas publier de nouveaux romans au Royaume-Uni et qu’elle pourrait devoir retirer ses livres déjà publiés. À l’époque, un retrait n’était qu’une possibilité. L’annonce d’octobre 2026 constitue la décision ultérieure de suspendre l’approvisionnement. 4 1

La désignation va faire l’objet d’un autre examen judiciaire

Le contexte plus général de l’application de la loi est sévère, mais ne dit rien, à lui seul, du statut juridique de Rooney. The Guardian a rapporté le 14 octobre que plus de 3,700 personnes auraient été arrêtées pour soutien présumé à Palestine Action depuis l’interdiction de l’organisation, et qu’environ 2,500 avaient été inculpées. Le journal a précisé qu’aucune des personnes inculpées n’avait encore été jugée. Il s’agit d’un nombre estimé d’arrestations et d’un nombre approximatif d’inculpations — pas de condamnations, et ces chiffres ne doivent pas être additionnés. 1

Le recours contre l’interdiction de Palestine Action

  1. 13 février 2026

    La Haute Cour a rendu un jugement qui a ensuite été infirmé en appel.

    1819
  2. 15 juin 2026

    La Cour d’appel a jugé l’interdiction légale, infirmant la décision de la Haute Cour.

    1914
  3. 30 juillet 2026

    L’autorisation d’engager un recours devant la Cour suprême a été rapportée ; cette autorisation n’a pas infirmé l’interdiction.

    17

L’affaire devant la Cour suprême, R (on the application of Ammori) v Secretary of State for the Home Department, est inscrite au rôle pour une audience en novembre. L’avis officiel mentionne une séance l’après-midi du 5 novembre qui se tiendra à huis clos et ne sera pas retransmise en direct. Le calendrier complet de l’audience n’est pas établi ; la date d’un jugement ne l’est pas non plus. 12

La dernière décision substantielle en appel confirme l’interdiction. Les éléments disponibles permettent de considérer qu’elle est en vigueur, sans toutefois trancher indépendamment toutes les ordonnances qui en découlent ni l’éventuelle suspension ultérieure de son application. Aucune décision de la Cour suprême n’est établie. 19 14 12

Même une future décision qui modifierait la désignation ne pourrait, à elle seule, garantir aux lecteurs que Faber reprendra l’approvisionnement au Royaume-Uni. Les effets juridiques du jugement et la réaction de l’éditeur compteraient tous deux. Pour l’instant, le résultat concret est plus limité, mais suffisamment net : l’éditeur de Rooney entend continuer à vendre ses œuvres ailleurs tout en suspendant l’approvisionnement au Royaume-Uni, car il estime que lui verser ses revenus présente un risque juridique trop élevé. 1

Sources de cet article

Annonce d’octobre : article de The Guardian ; article de The Irish Times ; page de déclaration de Faber. 1 22 23

Autres articles et reprises publiés en octobre : Extra.ie ; UNN ; USA News Hub ; RNAnews. 2 3 6 24

La position de Rooney en août : son article dans The Irish Times ; article de The Guardian sur son engagement de financement ; article de BBC News sur la poursuite de son soutien ; articles de The Times, The Independent et The Telegraph sur les revenus tirés des adaptations de la BBC. 9 8 11 46 47 49

L’avertissement antérieur concernant la publication : BBC News ; Reuters ; RTÉ ; Sky News ; The Canary ; The Independent ; Shropshire Star. L’article de septembre sur son déplacement : The Guardian. 4 5 7 10 26 27 48 25

Documents de la Cour suprême : page de l’affaire UKSC/2026/0099 et page des audiences de la session en cours. 12 13

Documents judiciaires : jugement de février et résumé de presse ; résumé de presse de juin ; page du jugement dans l’affaire Home Secretary v Huda Ammori ; jugement public de juin et jugement approuvé ; page de l’audience d’appel en direct ; jugement relatif aux restrictions de publication ; page du jugement Huda Ammori ; mémoire complémentaire de l’appelant. 18 20 14 38 39 41 40 42 43 44

Articles et commentaires sur l’appel : article de BBC News sur la décision de la Cour d’appel ; articles d’Express and Star et d’Algemeiner sur l’autorisation de saisir la Cour suprême ; The British Eye ; Blackstone Chambers ; truthaholics. 19 17 15 16 45 21

Legislation.gov.uk, Terrorism Act 2000 : article 15 ; extrait des infractions historiques ; version de juin 2026 ; loi promulguée ; extrait historique de la partie III ; article 15 promulgué ; version de novembre 2000 ; texte d’avril 2021 ; PDF de la loi promulguée ; article 1 promulgué. 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37

Autres références juridiques : Sentencing Council, Funding terrorism ; legislation.gov.uk, texte complet de la loi et annexe 15 ; Wikisource, Terrorism Act 2000, partie 3. 50 51 53 52

Tel que diffusé 16 lignes
  1. Faber has decided to stop supplying Sally Rooney’s books across the UK in every format. Normal People alone has sold more than a million copies there. Faber says paying Rooney her earnings risks breaching terrorism law. What would have to change for the publisher to pay her and resume UK supply?
  2. Faber made the decision with Rooney’s agreement and announced it on October 14. It says it will continue selling her work in other territories. The publisher has drawn the boundary around its UK supply.
  3. The decision reaches readers and booksellers through the publisher’s supply chain. Faber hasn’t explained what happens to copies shops already hold, or when the changes take effect. Readers can’t yet tell how quickly the decision will affect availability.
  4. Normal People has sold more than one million copies in the UK alone. Conversations with Friends is another of Rooney’s novels affected by the supply decision. Faber’s announcement covers her work across formats, extending beyond one title or edition.
  5. The money connects this publishing decision to Palestine Action. The group was proscribed as a terrorist organisation in the UK in July 2025. Rooney then publicly pledged to keep supporting it through her earnings and her public platform.
  6. Rooney made that pledge in August 2025. She said, “I want to be clear that I intend to go on supporting Palestine Action and direct action against genocide.” Her declared use of earnings is central to Faber’s concern about paying her.
  7. Her funding pledge included income from television adaptations, described as royalties or fees. She also said she would support Palestine Action “in whatever way I can”. Those intentions leave Faber facing a question about where money paid to its author could go.
  8. The Terrorism Act defines terrorist property to include resources of a proscribed organisation. Its funding provisions also cover providing money, alongside a knowledge-or-suspicion requirement. How that requirement applies to Rooney’s royalty payments remains unresolved.
  9. Faber is making a judgment about its own legal exposure. It says current legislation prevents it from passing her UK earnings to her without risk. The practical result is that a publisher’s concern about paying an author now determines whether it supplies her books.
  10. Rooney had already changed her plans because of possible arrest. In September 2025, she couldn’t travel to collect a literary prize. She said entering the UK could expose her to arrest because of her support for Palestine Action.
  11. By November 27, 2025, she had warned the High Court about publication itself. She said it was “almost certain” she couldn’t publish new novels in the UK, and existing books might have to be withdrawn. The October announcement turns that warning into Faber’s decision to halt supply.
  12. More than 3,700 people are believed to have been arrested over alleged support for Palestine Action since its proscription. About 2,500 have been charged. As of October 14, none of those charged had yet been tried.
  13. The charges concern alleged support for the group. The arrest and charge figures describe different stages of enforcement, so they overlap and cannot be added together. A charge still has to be tested at trial.
  14. The Court of Appeal ruled the proscription lawful on June 15, overturning the High Court’s February 13 judgment. On July 30, permission to pursue a Supreme Court challenge was reported. The next court will consider the appeal against that designation.
  15. The Supreme Court appeal is listed for November. Its listing includes an afternoon session on November 5 that will be closed to the public and won’t be livestreamed. The case challenges the government’s proscription of Palestine Action.
  16. A future ruling could change the designation behind Faber’s concern, but nobody can yet promise that it will restore UK supply. That would depend on the judgment’s legal effects and Faber’s response. For now, the latest substantive appellate decision upholds the proscription.

Sources

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