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Reportage

60 lits pour 40 000 habitants : la guerre au Soudan submerge un hôpital frontalier en RCA

À Birao, près du Soudan, le nombre de patientes a triplé, le financement atteint 11 % et des femmes accouchent sur des routes en terre et dans des salles bondées.

Traduit de l’original anglais.

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Quarante. C’est le nombre de fois où une femme a plus de risques de mourir pendant la grossesse ou l’accouchement en République centrafricaine qu’aux États-Unis, selon les Nations unies. 39 C’est le chiffre qui plane sur tout ce qui se passe à Birao, une ville isolée de l’extrême nord du pays, où un petit hôpital de district est devenu le dernier recours pour des milliers de femmes qui n’ont nulle part ailleurs où aller.

Birao se trouve à environ 65 km de la frontière soudanaise, aux portes de la guerre d’un autre pays. 2359 Le 2 juin 2026, des reportages depuis la ville de Caitlin Kelly, correspondante de l’AP, et de Bel Trew, correspondante de The Independent, ont décrit une crise des soins maternels concentrée dans un seul établissement : un hôpital qui ne compterait que 60 lits pour une population d’environ 40 000 habitants, réfugiés compris, tandis que les personnes fuyant la guerre au Soudan ont triplé le nombre quotidien de femmes enceintes qui s’y présentent. 2359 Le reportage a été publié simultanément par plusieurs médias, diffusé sous forme de galerie par Al Jazeera, puis développé par Trew le 2 août 2026. 235789114

La pression n’a pas commencé à Birao. La guerre a éclaté au Soudan en 2023 et, en avril 2026, le conflit entrait dans sa quatrième année, sans perspective de retour. 10 Des familles ont traversé la frontière vers le sud, en direction de la République centrafricaine, un pays déjà confronté à un conflit interne et doté de l’un des systèmes de santé les plus fragiles au monde. 23 Dans la zone frontalière, la population de la ville a doublé sous l’effet des arrivées, selon les organismes humanitaires chargés d’évaluer la réponse. 10 Ce qui avait été conçu comme des soins ruraux pour une communauté peu peuplée assure désormais des soins obstétricaux à l’échelle d’une ville, sans disposer des effectifs, des lits, du sang ni des capacités chirurgicales nécessaires à une telle échelle.

Selon les Nations unies, les femmes ont 40 fois plus de risques de mourir pendant la grossesse ou l’accouchement en République centrafricaine qu’aux États-Unis,

Au quotidien, cela se traduit par des femmes qui arrivent tard, épuisées et souvent déjà en danger. L’AP s’est rendue dans la communauté rurale où les réfugiés fuyant la guerre au Soudan voisin ont triplé le nombre quotidien de femmes qui arrivent à l’hôpital local. 39 Dans les communautés isolées près de la frontière entre le Soudan et la RCA, les femmes enceintes ont du mal à accéder aux soins, tandis que les dispensaires ferment et que les financements de l’aide s’épuisent. 7 Le manque de personnel et de fournitures contraint davantage de femmes à accoucher chez elles, ce qui accroît le risque de décès évitables ; les articles établissent explicitement un lien entre cette situation et les coupes dans les financements américains. 5 L’ONU a averti que ces coupes pourraient exposer davantage de femmes à des décès évitables pendant la grossesse et l’accouchement. 7

Deux cas documentés dans les reportages de juin montrent à quel point la marge s’est réduite. Maude Ahmad Fadala, une réfugiée soudanaise affaiblie par la typhoïde, a commencé à accoucher dans un camp de réfugiés dépourvu d’installations et où elle n’avait pas d’argent, puis a mis au monde son enfant sur une route en terre, en présence de sa seule sœur. 28 Africanews, qui résume le même reportage, a présenté son histoire sous le titre « Née sur la route : les coupes dans l’aide laissent les mères réfugiées sans recours ». 8 Elle n’a pu rejoindre à temps ni une salle d’hôpital, ni une sage-femme, ni un moyen de transport ; la route est devenue la salle d’accouchement.

L’histoire d’Amna Adam Hessen se termine à l’hôpital, mais n’en est pas moins brutale. Son bébé est né mort-né, et la légende d’une photo publiée avec le reportage montre une infirmière lui donnant des analgésiques à l’hôpital de district de Birao, le mercredi 25 mars 2026. 11 L’image et sa date comptent, car elles situent la crise dans le temps : il ne s’agit pas d’un avertissement sur ce qui pourrait arriver si l’aide venait à manquer, mais du témoignage de ce qui se passait déjà en mars, plusieurs mois avant que les reportages de juin ne fassent connaître Birao au public international. 1123

Lieux

  1. 1Birao, République centrafricaine
  2. 2Camp de réfugiés de Korsi, Birao
  3. 3Frontière entre le Soudan et la RCA

La situation du financement explique pourquoi le système n’a pas pu faire face à cette hausse. Au 10 avril 2026, trois ans après le début de la crise, le Plan 2026 de réponse aux réfugiés soudanais en RCA n’était financé qu’à 11 %. 10 Le HCR, le PAM, l’UNICEF et l’OCHA ont conjointement appelé à une action urgente, avertissant qu’une ville frontalière dont la population a doublé avait besoin de solutions durables et de paix, pas d’une survie au mois le mois. 10 Quand un plan n’est pas financé à 89 %, l’argent manquant n’est pas une abstraction. Ce sont des sages-femmes qui ne sont pas recrutées, du carburant pour les transferts qui n’est pas acheté, des dispensaires qui ne rouvrent pas et des soins mobiles qui ne sont pas acheminés dans les camps où des femmes comme Fadala commencent à accoucher sans aucune solution. 7105

Certains éléments relayés au sujet de cette histoire ne sont pas pleinement étayés par les sources fournies et ne doivent pas être considérés comme établis. Les extraits fournis ne confirment pas les déclarations reproduites mot pour mot et attribuées à un responsable de l’hôpital, l’historique précis des effectifs de sages-femmes à Birao ni l’historique spécifique des cliniques mobiles de maternité de l’ONU qui desservaient les camps. 23578911 Le nom du camp lui-même appelle à la prudence : les documents faisant la promotion du reportage vidéo parlent de Barou, tandis que la reprise par Al Jazeera du reportage de l’AP mentionne le camp de réfugiés de Korsi, à Birao. 5 Il peut s’agir de variantes de translittération, de sites distincts ou d’une erreur, mais les extraits disponibles divergent et il convient de rendre compte de cette divergence plutôt que de fusionner les noms.

Ce qui est établi, c’est la situation dans son ensemble : une guerre commencée en 2023 qui pousse un grand nombre de Soudanais vers le nord de la République centrafricaine ; un hôpital frontalier qui absorbe un nombre quotidien de patientes enceintes trois fois supérieur ; un contexte national où l’accouchement était déjà particulièrement dangereux ; et une baisse de l’aide qui a entraîné la fermeture d’autres points de soins au moment même où la demande atteignait son maximum. 2357910 Dans son suivi du 2 août 2026, Bel Trew a replacé Birao dans une enquête plus large sur les pires endroits au monde pour accoucher, laissant entendre que la ville n’était pas une exception, mais un cas extrême d’une tendance continentale où se heurtent croissance démographique, conflit et retrait des financements. 4

Ce que l’on sait

  • L’afflux de réfugiés soudanais a triplé le nombre quotidien de femmes enceintes arrivant à l’hôpital de la région de Birao. 39
  • Les femmes enceintes des zones frontalières sont confrontées à la fermeture de dispensaires et à l’assèchement de l’aide, ce qui accroît le risque de décès évitables. 7
  • Le plan d’aide aux réfugiés soudanais en RCA était financé à 11 % au 10 avril 2026, tandis que la population de la ville avait doublé. 10
  • Amna Adam Hessen a accouché d’un bébé mort-né ; elle a été photographiée à l’hôpital de Birao le 25 mars 2026. 11
  • Maude Ahmad Fadala a accouché sur une route en terre, en présence de sa seule sœur. 28

Ce que l’on ignore

  • Aucun total vérifié concernant le nombre de sages-femmes licenciées, de cliniques mobiles supprimées ou le ratio exact entre lits et population dans les extraits.
  • Aucune explication confirmée de la différence entre les noms des camps de Barou et de Korsi.

La suite

  • Les donateurs combleront-ils le déficit de financement de 89 % avant que d’autres accouchements n’aient lieu hors de tout établissement ?
  • Birao obtiendra-t-elle des lits avec du personnel et des soins maternels dans les camps, ou continuera-t-elle à absorber seule une demande triplée ?

Sources

Consultez les éléments à l’appui de ce reportage. La carte montre leurs liens ; les liens ci-dessous ouvrent les sources citées dans cet article.

La carte des sources se charge pendant votre lecture.

Sources citées

  1. 60 Beds for 40,000: Sudan War Overwhelms CAR Border HospitalHeyDay News · vidéo
  2. 'I gave birth in the street': Conflict makes childbirth risky in parts of Africa | The Independentwww.independent.co.uk
  3. Conflict makes childbirth risky in parts of Africa as continent's population booms | AP Newsapnews.com
  4. The worst places on earth to give birth | The Independentwww.independent.co.uk
  5. Refugee women in CAR face childbirth risks amid US funding cuts | Sudan war News | Al Jazeerawww.aljazeera.com
  6. Central African Republic-Sudan: A report from Birao, a town on the doorstep of warwww.theafricareport.com
  7. Aid cuts deepen maternal health crisis for Sudan refugees in Central African Republic | AP Newsapnews.com
  8. Born on the road: Aid cuts leave refugee mothers with nowhere to turn | Africanewswww.africanews.com
  9. Giving birth on a dirt road: conflict makes childbirth risky in parts of Africa | AP Newsapnews.com
  10. With border town doubling in size, Sudanese refugees in Central African Republic long for lasting solutions and peace - Central African Republic | ReliefWebreliefweb.int
  11. “I Gave Birth in the Street”: Conflict and Aid Cuts Make Childbirth Deadly in Central African Republic - CRBC Newswww.crbcnews.com

Traduction mise à jour le 24 septembre 2026 à 17:51 UTC−5

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  1. r1Première publication.