Justice · Droits sur les voix générées par l’IA

Un tribunal de Tokyo protège les voix, mais ne tranche pas l’accusation de clonage par IA de Tsuda

La demande de retrait de Kenjiro Tsuda a été rejetée parce que les vidéos avaient déjà disparu. La décision importante reconnaît le droit à l’image lié à la voix, et non l’existence avérée d’une atteinte par les imitations présumées générées par l’IA.

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La demande de Kenjiro Tsuda visant à faire retirer de TikTok des imitations présumées de sa voix générées par l’IA a été rejetée. L’affaire a toutefois permis d’obtenir une reconnaissance importante pour les artistes : leur voix, et pas seulement leur visage, peut bénéficier de la protection du droit à l’image. La contradiction apparente s’explique simplement. Les vidéos et le compte avaient déjà disparu, et le tribunal de district de Tokyo n’a pas déterminé si ces vidéos précises portaient atteinte à ses droits. 4 6

La décision du 30 septembre 2026 importe par ce qu’elle reconnaît, et non par une sanction qu’elle aurait imposée. Elle étend la protection juridique à un élément de l’identité d’un artiste qui a une valeur commerciale. Il ne s’agit ni d’un retrait ordonné par le tribunal dans cette affaire ni d’une conclusion selon laquelle toute imitation synthétique non autorisée serait illégale. 17

La juge présidente Aya Takahashi a considéré la voix humaine comme une expression de l’identité personnelle, comparable à l’apparence d’une personne. Tokyo Shimbun a reproduit son raisonnement en japonais ; le passage qui suit est une traduction de cet extrait rapporté, et non un texte vérifié indépendamment à partir du jugement complet. 4

La voix d’une personne, comme son apparence, est un symbole de sa personnalité propre.

Aya Takahashi 4

The Guardian et des articles japonais spécialisés dans l’actualité juridique présentent cette décision comme la première reconnaissance judiciaire explicite au Japon de la protection des voix par le droit à l’image. Il s’agit d’une évolution juridique importante, mais la reconnaissance d’un intérêt protégé et la preuve d’une atteinte à cet intérêt sont deux questions distinctes. Cette affaire a tranché la première et laissé la seconde sans réponse. 1 6

La protection a une limite commerciale

La condition est précise : l’utilisation non autorisée de la voix d’un artiste peut porter atteinte au droit à l’image lorsqu’elle vise exclusivement à exploiter l’attrait commercial de cette voix — sa capacité à attirer des clients et à promouvoir des ventes. Le mot exclusivement n’est pas accessoire. Le fait qu’une voix soit reconnaissable et que son utilisation n’ait pas été autorisée ne suffit pas, à lui seul, à établir que ce critère est rempli. 17

Des limites importantes restent donc à définir. Les informations disponibles ne permettent pas de savoir comment le tribunal traiterait la parodie, le commentaire ou d’autres usages particuliers. Il ne s’agit pas non plus d’une interdiction générale des voix synthétiques ou de l’intelligence artificielle. En l’absence du jugement complet, il serait prématuré de transformer un principe juridique rapporté en règle globale applicable à toutes les formes d’imitation.

Selon un article d’ORICON publié le 30 septembre, l’affaire de Tsuda portait sur 188 vidéos publiées sur un compte TikTok anonyme entre juillet 2024 et septembre 2025. Il a allégué qu’elles utilisaient une copie générée par l’IA d’une voix qui ne pouvait être que la sienne. Il s’agit de son affirmation quant à l’identité de la voix, et non d’une conclusion technique sur la façon dont l’audio a été produit. Aucune source vérifiée n’identifie l’auteur des mises en ligne, l’outil d’IA, les données d’entraînement ou la méthode d’imitation. 1 14

La voix de Tsuda a une valeur professionnelle en plus d’être reconnaissable. Il interprète Kento Nanami dans Jujutsu Kaisen et Hyakunosuke Ogata dans Golden Kamuy ; sa filmographie comprend également Yu-Gi-Oh! AFP décrit son baryton comme « brillant ». Pour un artiste dont la voix fait partie de ce que le public vient chercher, une imitation peut tirer parti d’un élément plus important que la simple familiarité. 16 20 24

Selon The Guardian, l’équipe juridique de Tsuda a qualifié le contenu du compte de « sordide ». Cette description est celle des avocats : il ne s’agit pas d’une conclusion judiciaire établissant l’existence d’une obscénité criminelle. De même, l’imitation alléguée ne doit pas être considérée comme techniquement prouvée au seul motif que le tribunal a reconnu que les voix pouvaient bénéficier d’une protection. 1

La suppression a atteint l’objectif concret

L’exploitant du compte a supprimé les vidéos après le dépôt de la plainte, et la suppression a également concerné le compte lui-même. Le contenu contesté ayant disparu, le tribunal a rejeté la demande adressée à la société exploitant TikTok visant à le supprimer. Ce rejet ne signifie donc pas que le tribunal a refusé de protéger les voix. 6

L’avocat de Tsuda, identifié dans un article de Bengoshi.com sous le nom de 平野敬, a déclaré, selon la traduction : « Toutes les vidéos ont été supprimées avec le compte, si bien que notre objectif initial a été pleinement atteint. » Les informations disponibles ne permettent pas d’établir une graphie de son nom en anglais ni un projet d’appel. Elles n’établissent pas non plus l’existence d’une demande ou d’une attribution de dommages-intérêts, ni d’une injonction distincte pour l’avenir. 6

Cette distinction est occultée par le titre publié par The Guardian le 30 septembre, qui affirme que la voix copiée a « violé ses droits ». Le compte rendu d’ITmedia publié le même jour indique explicitement que le tribunal n’a pas décidé si ces vidéos constituaient une atteinte aux droits. Les articles japonais détaillés étayent une conclusion plus restreinte : la protection de la voix a été reconnue, mais la responsabilité concernant les vidéos supprimées n’a pas été jugée. 1 17

L’ampleur rapportée explique l’importance de la question commerciale. Selon The Guardian, le compte anonyme avait à un moment donné plus de 200,000 abonnés. Il s’agit d’un chiffre historique, et non du nombre actuel d’abonnés d’un compte actif ; il n’a pas non plus été corroboré de façon indépendante par les vérifications complémentaires. 1

Le chiffre des revenus doit également être corrigé. Le premier article de The Guardian indiquait « ¥500,000 à ¥75,000 » par mois. Un article publié par ORICON le 30 septembre indique plutôt 月50万~75万円 : ¥500,000–¥750,000. Le rapport du Yomiuri du 23 mai 2026 donne la même fourchette. Le plafond erroné est dix fois trop bas ; inverser simplement l’ordre décroissant de la fourchette en anglais donnerait une estimation différente, mais toujours incorrecte. 1 14 15

Ces revenus restent allégués et n’ont pas été vérifiés par un audit. Le Yomiuri a indiqué que l’estimation reposait sur des informations publiées par l’auteur des mises en ligne sur un autre site web. Ni ce compte rendu ni la description d’ORICON n’établissent que des paiements ont été vérifiés ou qu’un tribunal a constaté un revenu mensuel. Multiplier l’estimation par la période de publication ne permettrait pas d’établir un chiffre d’affaires total prouvé. 14 15

Un article antérieur du Yomiuri faisait état d’au moins 188 vidéos publiées entre juillet 2024 et le dépôt de la plainte ; l’article d’ORICON du 30 septembre précise que la période va de juillet 2024 à septembre 2025. L’article ultérieur donne une période de publication plus précise. Aucune des deux formulations n’établit la date exacte du dépôt de la plainte. 14 15

L’Union des acteurs du Japon a soutenu l’action de Tsuda et l’a remercié pour son courage, tout en reconnaissant la charge émotionnelle de la procédure. Dans un communiqué, l’organisation a indiqué qu’elle examinerait le jugement officiel avant de publier un commentaire sur son site web. Aucune date de publication n’a été annoncée, et les informations disponibles ne permettent d’établir ni projet d’appel vérifié ni numéro de dossier. 23 18

Le résultat concret est important, mais limité : l’objectif de Tsuda visant au retrait des vidéos a été atteint, et les voix ont été reconnues comme pouvant bénéficier de la protection du droit à l’image. Cette reconnaissance ne suffit pas à déterminer si un autre usage contesté satisfait au critère de l’exploitation commerciale exclusive.

Sources de cet article

Parmi les sources consultées figurent The Guardian 1, The Japan Times 2, Nippon.com 3, Tokyo Shimbun 4, Nikkei Asia 5 et un article de Bengoshi.com repris par NTT Docomo 6.

D’autres articles ont été consultés, notamment ceux d’Anime News Network 7, de Sanyo Shimbun 8, de Voice Over Herald 9, d’Inven Global 10, de Bengoshi.com repris par Livedoor News 11, de FandomWire 12 et de WPNews 13.

Les articles japonais comprennent également ORICON via Web To-o 14, Yomiuri Shimbun 15, Nikkei 16, ITmedia NEWS 17, Sponichi 18, Jiji Press 19 et Fukushima Minyu 21.

Les autres sources consultées sont The Straits Times 20, un article de TV Asahi repris par NTT Docomo 22, Nikkan Sports 23, AFP 24, TheJapanTimes.jp 25, 4Gamers 26, Mainichi Shimbun 27 et un article d’ORICON repris par NTT Docomo 28.

Tel que diffusé 11 lignes
  1. A Tokyo court has recognized a performer’s voice as protected by publicity rights.
  2. That gives performers a legal basis to protect a sound that attracts audiences and generates income. But actor Kenjiro Tsuda’s case produced neither a finding that the disputed videos infringed his rights nor a court-ordered takedown.
  3. What does that protection cover when the disputed videos disappeared before the court ruled?
  4. A voice can carry personal identity just as a likeness does. Presiding Judge Aya Takahashi recognized that connection in the Tokyo District Court’s September 30, 2026 decision. The protection extends beyond what a performer looks like to the sound that can draw customers and promote sales. But the commercial condition is crucial: unauthorized use can infringe publicity rights when it is exclusively directed toward exploiting the voice’s customer-attracting power. Recognition of a protected voice is not the same thing as proving an unlawful use.
  5. That exclusive-purpose requirement leaves real boundaries unresolved. The decision is not a blanket prohibition on every unauthorized imitation, every synthetic voice, or every use of artificial intelligence. It does not settle how the rule applies to parody, commentary, or other particular uses. The complete judgment is unavailable for independent examination, limiting what can be established about the full reasoning.
  6. Tsuda’s voice is part of the work audiences know him for. He plays Kento Nanami in Jujutsu Kaisen and Hyakunosuke Ogata in Golden Kamuy, and his credits include Yu-Gi-Oh! His distinctive baritone helps explain the commercial stake: an imitation can attach a recognizable performer’s sound to content he never authorized. The material at issue has not been established by the court as criminally obscene.
  7. Tsuda’s complaint concerned 188 videos on an anonymous TikTok account. The alleged imitation was an AI-generated voice that could only be his, but that identification remains an allegation, not a technical finding. No verified account identifies the uploader, the AI tool, the training material, or the method used to produce the audio. The posting window was July 2024 through September 2025. An earlier description counted at least 188 videos from July 2024 until filing. Neither establishes the exact lawsuit filing date; the upload period must not be mistaken for it.
  8. The court left infringement by these particular videos undecided. A claim that the copied voice was judicially found to violate Tsuda’s rights goes beyond the established outcome. The account operator deleted the videos after the lawsuit was filed, and the account itself was removed too. That left nothing for the requested deletion order to remove. The court dismissed the demand against TikTok’s operating company because the material was already gone—not because it rejected protection for voices. The removal achieved the lawsuit’s original practical objective. No damages demand or award, or separate prospective injunction, has been established.
  9. The account’s historical audience estimate exceeds 200,000 subscribers. That figure has not been independently corroborated, and it is not the audience of an account still operating after deletion. Audience size helps explain the alleged commercial stakes, but it does not prove liability.
  10. The upper monthly earnings estimate is 750,000 yen, not 75,000 yen. The correct range is 500,000 to 750,000 yen a month. In the Japanese notation, fifty units of ten thousand means 500,000, and seventy-five means 750,000. The mistaken upper figure was ten times too small; reversing the descending range would not fix it. These earnings remain an allegation. The estimate was based on information the uploader published on another website, not independently verified payments, audited financial records, or a judicial income finding. Multiplying it across the posting period would not establish proven total revenue.
  11. The Japan Actors Union supports Tsuda’s action and thanks him for his courage. Its organizational statement also acknowledges the emotional strain of the proceedings. The decision has been described as Japan’s first express judicial recognition of voice publicity-rights protection. That recognition supplies a legal basis, but whether another disputed use satisfies the exclusive-commercial-exploitation test still requires a separate determination. This case did not make that determination for the removed videos. No appeal plan or case number has been established. The union intends to review the full formal judgment and comment afterward, but no publication date has been announced.

Sources

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