Technologie · Avertissement sur l’IA dans le Golfe

L’avertissement iranien sur l’IA vise les investisseurs, propriétaires fonciers et fournisseurs d’énergie du Golfe

L’Autorité des données du golfe Persique envisagée par Ghalibaf vise les financements, les participations au capital, les terrains et l’énergie, mais aucune loi fondatrice, aucune cible commerciale nommément désignée ni aucune procédure d’application n’ont été identifiées.

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Quatre ressources — les financements, les participations au capital, les terrains et l’énergie — placent les soutiens aux projets technologiques du Golfe dans le viseur d’un nouvel avertissement iranien. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a menacé les gouvernements de la région, les fonds d’investissement et les entreprises qui soutiennent des sociétés spécialisées dans l’IA ou les données qu’il accuse d’aider à mener des invasions ou de tuer des enfants. Sa mise en garde ne vise pas seulement les entreprises technologiques elles-mêmes, mais aussi les institutions susceptibles de les financer, d’accueillir leurs installations et de leur fournir l’énergie nécessaire à leur fonctionnement. 1

En annonçant, le 18 octobre 2026, qu’une « Autorité des données du golfe Persique est en préparation », Ghalibaf a formulé une menace explicite, sans toutefois préciser le mécanisme nécessaire pour en faire une obligation de conformité clairement définie. Aucune loi fondatrice, aucun accord entre États participants, aucune date de lancement ni aucune procédure d’application n’ont été mentionnés dans l’annonce et les articles disponibles. Il s’agit de l’avertissement d’un haut responsable iranien, et non de la preuve qu’un régulateur opérationnel à l’échelle du Golfe existe. 1 43 44

Aidez-les et vous aurez affaire à nos mesures coercitives.

Mohammad Bagher Ghalibaf 1

Cette phrase de conclusion est la plus lourde de conséquences de l’annonce. Elle fait du soutien apporté — et non seulement du comportement allégué d’une entreprise d’IA — le motif des conséquences annoncées. Un fonds prenant une participation au capital, une entreprise fournissant un site ou un fournisseur d’énergie pourrait relever du public visé par Ghalibaf. Mais sa déclaration n’explique pas qui ferait appliquer cette exigence, en vertu de quelle loi, à l’encontre de quelle partie ni au moyen de quelle mesure. 1

Les ressources au cœur de la mise en garde

Ghalibaf s’est adressé aux « gouvernements, fonds et entreprises de la région », leur demandant de ne fournir aucune ressource aux sociétés correspondant à ses accusations. Il a ensuite précisé : « Ni financement, ni participation au capital, ni terrain, ni énergie. » Cette liste importe, car elle décrit différents moyens d’entraver un projet, notamment par des décisions prises avant même la mise en service d’une installation technologique. 1

Le financement correspond aux fonds qui soutiennent une entreprise ou un projet ; une participation au capital est un investissement dans son actionnariat. Le retrait de l’un ou de l’autre pourrait empêcher la construction ou l’expansion d’un projet si celui-ci dépendait de ce soutien. Le refus d’un terrain pourrait empêcher la construction d’une installation à cet endroit. Le retrait de l’approvisionnement en énergie pourrait empêcher son fonctionnement. Ce sont des conséquences possibles du refus de ressources réclamé par Ghalibaf, et non des faits établis par son annonce.

Cette distinction est essentielle pour les entreprises qui évaluent leur exposition. Une menace politique peut créer de l’incertitude autour d’un investissement ou d’une relation d’approvisionnement sans pour autant annuler un contrat, retirer une attribution foncière ou interrompre l’alimentation électrique. L’annonce désigne des points de pression potentiels. Elle n’établit pas qu’un quelconque fournisseur les ait utilisés.

Elle ne donne pas non plus aux entreprises de moyen fiable de déterminer quelles relations sont concernées. Ghalibaf n’a cité aucune société d’IA ou de données, identifié aucun projet ni fourni de preuve propre à une entreprise. Son accusation selon laquelle de telles sociétés aident à mener des invasions ou tuent des enfants reste une allégation de sa part ; la déclaration n’établit pas ces faits et ne définit aucun critère permettant d’identifier les entreprises prétendument responsables. Rien dans le texte ne justifie de désigner une entreprise en particulier, ou ses soutiens régionaux, comme des participants accusés. 1 51

Une autorité sans pouvoirs définis

La fonction de président du Parlement occupée par Ghalibaf confère du poids à cette annonce. Elle ne démontre pas, à elle seule, que le Parlement a adopté une loi ni qu’une autorité exécutive a approuvé la création d’une institution. Aucun texte fondateur, décret, statut, traité ou loi organique n’a été identifié dans les documents disponibles. Ni les dirigeants, ni les pouvoirs d’enquête, ni les sanctions ou procédures n’ont été précisés. 43 51

Le langage employé à propos de la région exige la même prudence. S’adresser aux gouvernements du Golfe ne prouve pas qu’ils ont accepté de participer, reconnu la compétence d’une institution ou pris l’engagement de faire appliquer ses décisions. Aucun État participant ni accord multilatéral n’a été identifié. Un nom géographique ne confère pas de pouvoir transfrontalier. 1 51

Même la dénomination officielle reste à clarifier. L’annonce en anglais appelle l’organisme envisagé « Persian Gulf Data Authority ». Les articles le désignent aussi sous les noms de « Data Management Authority » ou de « Data Organization ». Ces versions évoquent une institution en préparation ; en l’absence de document fondateur, elles ne permettent pas d’établir son identité juridique. 1 43 47

Il existe une autre entité, la Persian Gulf Strait Authority, associée à la réglementation iranienne du transit maritime dans le détroit d’Ormuz et lancée en mai 2026. Elle concerne le transport maritime, et non l’institution envisagée dans le domaine des données. Son existence ne confère aucun pouvoir juridique à l’autorité dont Ghalibaf annonce aujourd’hui la création, et les mesures d’application dans le domaine maritime ne doivent pas être confondues avec la mise en œuvre de cet avertissement technologique. 30

Au 18 octobre, les articles disponibles ne faisaient état d’aucune réaction directe d’un gouvernement du Golfe ou d’une entreprise d’IA portant spécifiquement sur l’autorité des données envisagée. Aucun financement interrompu, investissement en capital annulé, refus de mise à disposition de terrains ou d’énergie, avis d’application ni perte commerciale chiffrée n’avait non plus été publiquement associé à l’annonce. Il s’agit d’une limite des informations documentées, et non d’une preuve que des discussions ou réactions privées n’ont pas eu lieu. 52 53 44

La prochaine évolution significative serait un élément que les entreprises puissent réellement évaluer : un texte fondateur, des cibles nommément désignées, une échéance, des instructions d’application ou une décision de retrait de soutien attribuée à une source précise. D’ici là, la conclusion la plus solide est plus limitée que ne le laisse entendre la menace. Ghalibaf a averti les institutions qui soutiennent les projets d’IA et de données dans le Golfe qu’elles pourraient, elles aussi, subir des conséquences. Il n’a pas indiqué quelles seraient ces conséquences, qui pourrait les imposer ni quelles pertes une entreprise aurait déjà subies.

Tel que diffusé 15 lignes
  1. Iran’s parliament speaker threatened regional backers of AI companies he accuses of helping kill children.
  2. His warning reaches beyond technology firms to the governments, investment funds and businesses supporting them. It explicitly targets their money, land and energy. What could that threat actually require of businesses across the Gulf?
  3. Mohammad Bagher Ghalibaf wants governments and businesses across this region to withhold resources from certain AI and data companies. He announced a forthcoming Persian Gulf Data Authority on October 18, 2026, saying the body “is coming.”
  4. Ghalibaf is the speaker of Iran’s parliament, giving the announcement political weight. He directed his demand at governments, funds and firms that could supply the resources behind technology projects, as well as the companies using those resources.
  5. Ghalibaf’s warning ends with the words, “Assist them and face our enforcement.” That puts the institutions supporting a technology company within the scope of his threat. He’s warning those backers that their assistance could bring consequences for them, too.
  6. He accuses the AI and data companies in question of aiding invasions or killing children. Those are his allegations. He named no business or project, offered no company-specific evidence, and gave no test for deciding which firms his warning covers.
  7. Ghalibaf explicitly names finance, equity, land and energy. Finance means the money backing a company or project. Equity means an ownership investment. His demand also reaches the sites where facilities could be built and the power needed to keep them running.
  8. A financing withdrawal could obstruct a project before construction. An investor could withhold the money needed for expansion. Ghalibaf’s demand therefore reaches decisions made outside the technology company itself, by the people and institutions supplying what it needs.
  9. A land provider or an energy supplier could also obstruct a technology project by withdrawing support. For infrastructure providers and customers, that creates potential exposure through ordinary business relationships. The warning itself doesn’t change a contract or interrupt a facility’s electricity.
  10. Ghalibaf described the authority as forthcoming. The English announcement uses the name Persian Gulf Data Authority; translated versions also call it a Data Management Authority or Data Organization. Its formal legal identity would need to be settled in a founding document.
  11. Ghalibaf hasn’t explained what law would let the authority act, or how it would enforce his warning. Addressing governments across the Gulf doesn’t give the body authority over them. No participating-state agreement has been announced, and he gave no launch date or compliance deadline.
  12. Iran already has a separate Persian Gulf Strait Authority, operating since May 2026 to regulate maritime transit through Hormuz. The proposed data body concerns a different sector. The maritime authority’s existence supplies no legal powers to the institution Ghalibaf now says is coming.
  13. Shipping through Hormuz is already sharply reduced. The maritime security agency UKMTO said traffic was about 70 percent below pre-conflict levels in its October 18 advisory. It also recorded 12 attacks in the week ending October 16.
  14. The Revolutionary Guards claimed two supertankers had hit mines in the strait. UKMTO said that claim had no substantiation. Those maritime developments are separate from Ghalibaf’s technology warning and don’t demonstrate that the proposed data authority has taken action.
  15. Businesses face an explicit political threat, while its practical requirements remain undefined. By October 18, no Gulf government or AI company had publicly responded directly to the proposed authority. No withdrawal of financing, investment, land or power had been publicly linked to the announcement, and no resulting business loss had been quantified.

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