Justice · Clémence concernant les condamnations à mort
Newsom veut commuer toutes les condamnations à mort en Californie, mais la plupart nécessitent une intervention judiciaire
Le gouverneur veut que les 548 condamnés à mort soient condamnés à la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Mais 382 affaires nécessitent des recommandations de la Cour suprême de Californie, et l’octroi définitif des commutations n’est pas confirmé.
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Traduit de l’original anglais.
La Californie a démantelé sa salle d’exécution. Tous ses condamnés à mort, à quelques exceptions près, ont été transférés des quartiers séparés de San Quentin vers d’autres prisons. Les dispositifs d’exécution ont en grande partie disparu ; les condamnations à mort, elles, ont perduré.7
Le gouverneur Gavin Newsom veut désormais remplacer les 548 condamnations à mort actuellement en vigueur par des peines de réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Annoncée le 5 novembre 2026, sa décision va au-delà du moratoire sur les exécutions qu’il a imposé en 2019 : au lieu de laisser les condamnations à mort en suspens, des commutations effectives remplaceraient la peine elle-même. Mais pour environ sept des dix personnes concernées, il ne peut pas agir seul.938
Cette distinction importe, car les premiers comptes rendus ne concordaient pas sur ce qui s’était passé. BBC News et NBC News ont rapporté le 5 novembre que les commutations avaient été effectuées. CBS News et le Los Angeles Times, qui ont publié leurs articles le même jour, ont décrit une mesure envisagée dont la mise en œuvre nécessitait encore un examen judiciaire. Les documents du gouverneur lui-même décrivent un plan et une mesure de clémence proposée, et non la preuve que toutes les peines ont déjà été modifiées. Aucun décompte établi des décisions individuelles ayant pris effet juridiquement n’est disponible.163789
Le tribunal contrôle la plupart des dossiers
Le document central est intitulé « Note explicative – Mesure de clémence proposée concernant la peine de mort ». Il demande à la Cour suprême de Californie de formuler des recommandations concernant 382 personnes condamnées à mort, reconnues coupables de plusieurs crimes. Sur les 548 personnes concernées par l’annonce, cela représente environ 69.7 %. Les 166 autres constituent environ 30.3 % ; leur exclusion du groupe identifié comme nécessitant un examen de la Cour n’établit pas que leurs commutations ont été signées.83
Ces chiffres remplacent la description initiale du Los Angeles Times, qui évoquait une répartition d’environ 60–40 entre les affaires nécessitant une intervention judiciaire et celles que Newsom pouvait traiter directement. Le décompte du document donne une répartition plus proche de 70–30. Il s’agit d’un calcul fondé sur le document et le total annoncé, et non d’une estimation concurrente publiée par un autre média.78
L’article V, section 8(a), de la Constitution de Californie restreint le pouvoir de clémence du gouverneur à l’égard d’une personne condamnée deux fois pour un crime. Une grâce ou une commutation nécessite une recommandation approuvée par la majorité des juges de la Cour suprême de l’État, soit quatre sur sept. La Cour ne commue pas elle-même la peine ; sa recommandation permet au gouverneur de le faire.678
Les condamnations supplémentaires peuvent être antérieures à une condamnation à mort ou résulter de crimes commis en attendant l’exécution. Et une recommandation favorable n’est pas automatique : en 2018, vers la fin de son mandat, le gouverneur Jerry Brown a soumis dix demandes de clémence que la Cour a rejetées. Cet antécédent ne permet pas de prédire l’issue de la procédure actuelle, mais il interdit de considérer l’examen judiciaire comme une simple formalité.7
L’annonce publique du 5 novembre est établie. En revanche, la date de dépôt ou de réception, confirmée de manière indépendante, les recommandations judiciaires qui en découleraient et l’établissement de tous les actes nécessaires aux commutations ne le sont pas. Newsom a pris une décision lourde de conséquences ; sa mise en œuvre n’est pas achevée.89
Une peine modifiée, pas une libération
Pour toute personne dont la commutation prendrait effet, la peine serait la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Il ne s’agit ni d’une grâce ni d’une déclaration d’innocence. Les condamnations resteraient intactes, les détenus resteraient incarcérés et cette mesure ne leur donnerait aucune possibilité de libération conditionnelle. Newsom qualifie cette peine de sanction la plus sévère qu’il puisse imposer par le biais de son pouvoir de clémence.3
La proposition va donc au-delà d’une nouvelle suspension. Le 13 mars 2019, Newsom a suspendu les exécutions, retiré le protocole d’injection létale et ordonné la fermeture de la salle d’exécution de San Quentin. Le moratoire n’a ni remplacé les condamnations à mort ni libéré les détenus. Une commutation modifierait le jugement en vertu duquel une personne reste détenue, alors même qu’aucune exécution n’est imminente tant que la suspension actuelle est en vigueur.698
La dernière exécution en Californie a été l’injection létale de Clarence Ray Allen, le 17 janvier 2006. L’État a procédé à 13 exécutions depuis 1978. Allen avait 76 ans et avait passé 23 ans dans le couloir de la mort ; certains des condamnés à mort actuels ont 80 ou 90 ans. La proposition concerne des personnes qui vivent sous le coup de condamnations à mort depuis des décennies.67
La mesure n’abolirait pas la peine capitale. Les procureurs pourraient toujours requérir de nouvelles condamnations à mort, et les jurys comme les tribunaux conserveraient leur rôle. Les électeurs ont rejeté l’abolition en 2012 puis en 2016, année où ils ont aussi approuvé de justesse une mesure visant à accélérer les procédures liées à la peine de mort. Newsom se sert de son pouvoir de clémence pour modifier les peines existantes, sans changer la loi applicable aux affaires futures.3
Je sais que nous ne pouvons pas exécuter des personnes dans un système juridique imparfait et rester fidèles à nos valeurs fondamentales, au premier rang desquelles figurent la justice et la dignité humaine.
Son argument est catégorique ; il ne prétend pas que chaque bénéficiaire a été condamné à tort ou mérite une clémence particulière. Il affirme que les mises à mort autorisées par l’État sont incompatibles avec les valeurs de la Californie et que le système ne peut pas être administré équitablement. Il reconnaît que les électeurs ont choisi de maintenir la peine, tout en soutenant que la même Constitution confère également aux gouverneurs le pouvoir de clémence.467
Le système continue de mobiliser des fonds publics même en l’absence d’exécutions. Une estimation du Habeas Corpus Resource Center publiée en 2025 évaluait à plus de 200 millions de dollars les dépenses annuelles consacrées aux appels automatiques dans les affaires capitales et aux requêtes en habeas corpus. On estime que les recours liés à la peine de mort représentent environ un quart de l’activité de la Cour suprême de l’État. Les commutations pourraient réduire le coût des litiges liés à la peine capitale, mais ces chiffres ne constituent pas une prévision d’économies : les personnes resteraient incarcérées et toutes les procédures en cours ne disparaîtraient pas automatiquement.7
Les familles ne parlent pas d’une seule voix
Une décision universelle englobe nécessairement des affaires dont la brutalité reste au cœur des objections des familles. Parmi les bénéficiaires potentiels figurent Charles Ng, reconnu coupable du meurtre de six hommes, trois femmes et deux nourrissons de sexe masculin dans le nord de la Californie en 1984 et 1985 ; Richard Allen Davis, qui a enlevé et assassiné Polly Klaas, âgée de 12 ans, en 1993 ; et Christopher Cheary, reconnu coupable d’avoir assassiné, violé et torturé la fille de trois ans de sa petite amie, Sophia Acosta. Leur inclusion découle de la portée de la proposition, et non d’une réévaluation annoncée de ces crimes.7
Pour Bethany Webb, la longueur des procédures liées à la peine capitale est en soi une source de souffrance. Sa sœur Laura comptait parmi les huit personnes tuées lors de la fusillade de masse de Seal Beach en 2011 ; leur mère avait été touchée par balle et grièvement blessée. Webb rejette l’idée que l’exécution d’un criminel puisse réparer la perte d’une famille. « C’est dévastateur pour les membres de la famille, pour tout le monde », a-t-elle déclaré au Los Angeles Times.7
Sandy Friend tire la conclusion inverse. Son fils de huit ans, Michael Lyons, a été enlevé et assassiné en 1996. « C’est un manque total de respect envers les victimes. C’est une gifle », a-t-elle déclaré à propos de la suppression des condamnations à mort. Aucune des deux femmes ne parle au nom de toutes les familles endeuillées. Une même décision peut épargner à une famille de nouvelles procédures liées à la peine capitale, tout en privant une autre de la sanction qu’elle estimait nécessaire à la justice.7
Newsom reconnaît que sa décision ravivera des souvenirs douloureux, provoquera de la colère et blessera certains Californiens. Il la décrit comme l’une des décisions les plus difficiles de son mandat de gouverneur et assume la responsabilité de ses conséquences. Le résultat qu’il vise est l’emprisonnement à vie, en mettant l’accent sur le souvenir des victimes plutôt que sur l’exécution des criminels.546
Une procédure judiciaire distincte pourrait aller au-delà du pouvoir de clémence. Le défenseur public de l’État a contesté le système californien de la peine de mort en 2024, alléguant des disparités raciales persistantes. Ce printemps, la Cour suprême a demandé au procureur général d’expliquer pourquoi cette peine ne devrait pas être déclarée inconstitutionnelle. En août, le procureur général Rob Bonta a écrit que des preuves de disparités généralisées pourraient démontrer l’existence d’un risque de sanctions arbitraires intolérable au regard de la Constitution. Cette affaire porte sur la loi elle-même ; elle ne constitue pas une décision sur les demandes de clémence de Newsom.7
Pour cette proposition, l’épreuve immédiate est plus restreinte et limitée dans le temps. Le mandat de Newsom prend fin en janvier 2027. Pour mener lui-même à terme les 382 commutations nécessitant une intervention judiciaire, il lui faut obtenir les recommandations requises, puis accorder les commutations avant la fin de son mandat. Aucune date de décision judiciaire n’est établie. La prochaine étape décisive ne sera pas une nouvelle déclaration contre les exécutions, mais l’acte juridique qui rendra sa décision effective.78
Sources40
6 articles plus anciens consultés pour le contexte.17 médias sans date :
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Governor of Californiaca.govPremier20
- Premier signalement
- EXPLANATORY STATEMENT – PROPOSED DEATH PENALTY CLEMENCY ACTION a description of the records and information he reviewed and
- Governor Newsom releases letter to California on the death penalty
- Staff Memorandum 2026-15 Potential Letter to the Governor Concerning Clemency
- Letter to Governor Newsom Re: Proposed Mass Commutation (Redacted)
- www.gov.ca.gov
- Clemency
- Governor Newsom announces clemency actions
- Commutations
- California leaders on the U.S. Supreme Court denying the Trump DOJ’s attempt to undermine California’s elections, disenfranchise voters
- Governor Newsom announces appointments 11.4.26
- Governor Newsom celebrates “Coolest Thing Made in California” awardees
- Governor Newsom secures innovative approach to major Bay-Delta protections that will restore rivers and strengthen California’s water future
- District Attorney Dan Dow Urges Governor Newsom to Reject Blanket Commutation of California's Death - County of San Luis Obispo
- www.gov.ca.gov
- www.gov.ca.gov
- Governor Newsom delivers final State of the State Address, honoring California’s past and reaffirming a brighter future for all
- www.gov.ca.gov
- California Code, CONS SEC. 8.
- Governor Gavin Newsom Orders a Halt to the Death Penalty in California
- Codes Display Text
X (formerly Twitter)x.com5
- Premier signalement
- BREAKING: @CAgovernor Gavin Newsom says he will commute all of the state's death sentences of 548 inmates to life in prison without parole. He announced the decision in a letter @LawCrimeNetwork @CourtTV https://www.gov.ca.gov/wp-content/uploads/2026/11/2026-11-5-26-GGN-Open-Letter-FINAL.pdf
- Governor Gavin Newsom announces that he plans to change all California death sentences to life imprisonment without the possibility of parole. https://www.gov.ca.gov/wp-content/uploads/2026/11/2026-11-5-26-GGN-Open-Letter-FINAL.pdf
- Open Letter from GSC Commissioner Popp https://gscsports.org/news/2026/11/4/open-letter-from-commissioner-popp-nov.aspx
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The Independentindependent.co.uk2
ACLU of Northern Californiaaclunorcal.org1
American Civil Liberties Unionaclu.org1
Amnesty International USAamnestyusa.org1
Tel que diffusé
- Gavin Newsom wants to replace all 548 death sentences in California with life without parole.
- The prisoners would remain imprisoned, but their death sentences would be permanently replaced, going beyond the existing halt on executions. Can Newsom secure the court recommendations needed for hundreds of these cases before his term ends?
- Newsom announced his decision on November fifth, 2026. He's seeking the same punishment for everyone currently condemned. The legal process is still underway, and we don't yet know how many individual commutations have taken effect.
- Newsom's public decision starts a process that still requires court action for most recipients. His request to the justices covers people convicted of more than one felony. A court recommendation would allow him to grant their clemency.
- The governor's explanatory statement identifies 382 people in that group. Matching that figure against the announced total changes the picture of how much Newsom can do on his own.
- Newsom needs court recommendations for 382 people, or 69.7 percent of the total. The remaining 166 account for 30.3 percent. That's roughly a seventy-thirty split, correcting the earlier sixty-forty description. Both groups are proposed recipients.
- California's Constitution limits a governor's clemency power when someone has been convicted of two felonies. Those convictions can include crimes before the death sentence, or additional crimes committed while awaiting execution.
- The Supreme Court rejected ten clemency cases submitted by Governor Jerry Brown in 2018, near the end of his term. That history shows why Newsom can't simply count on receiving the recommendations he needs.
- Four of the court's seven justices must agree to recommend clemency in these cases. Newsom would then have to grant each commutation. Once effective, it would replace the death sentence with life imprisonment without the possibility of parole.
- The recipients would remain convicted and imprisoned for life, with no parole opportunity through this action. Newsom calls that the most severe punishment he can impose through clemency. He argues that the state should refuse to execute people even for brutal crimes.
- Newsom says state-sanctioned killing conflicts with California's values. He calls the death-penalty system a failure, challenges its fairness and points to the consequences of mistakes. His decision applies across the current condemned population, without selecting particular prisoners for special leniency.
- California prosecutors could still seek new death sentences under the law that remains in force. Newsom acknowledges that voters have repeatedly chosen to retain capital punishment. He argues that the same Constitution gives governors the power to grant clemency.
- Voters rejected repeal in 2012 and again in 2016. In that second election, they narrowly approved a measure intended to speed death-penalty proceedings. Newsom's proposal would change existing sentences while leaving prosecutors, juries and courts their roles in future cases.
- California has carried out 13 executions since 1978. The last was Clarence Ray Allen's lethal injection on January seventeenth, 2006. He was 76 and had spent 23 years on death row. His appeals cost the state more than 750,000 dollars.
- Newsom halted executions in March 2019, withdrew the lethal-injection protocol and closed San Quentin's execution chamber. That pause left death sentences intact. An effective commutation would replace the sentence itself, even though executions are already halted.
- The chamber was later taken down. All but a handful of the remaining condemned prisoners moved from segregated housing at San Quentin to other facilities. The prison is now called San Quentin Rehabilitation Center. Death row increasingly describes a sentence, rather than one shared location.
- Capital appeals and petitions challenging imprisonment cost an estimated more than 200 million dollars a year. Death-penalty appeals account for about a quarter of the state Supreme Court's work. Taxpayers fund defense lawyers, prosecutors and the courts administering years of litigation.
- Commutations could reduce capital-litigation costs, but nobody has put a reliable savings total on this proposal. Imprisonment would continue, and pending proceedings wouldn't all automatically disappear. Some condemned prisoners are now in their eighties and nineties, after decades under death sentences.
- Potential recipients include Charles Ng, convicted of killing six men, three women and two infant boys in Northern California in 1984 and 1985. They also include Richard Allen Davis, who abducted and murdered twelve-year-old Polly Klaas of Petaluma in 1993.
- Christopher Cheary is also covered. He was convicted of murdering, raping and torturing his girlfriend's three-year-old daughter, Sophia Acosta, in Tulare County. The universal proposal reaches these cases because it covers every current death sentence. Their convictions would remain in place.
- Bethany Webb's sister Laura was among eight people killed in the 2011 Seal Beach mass shooting. Their mother was shot and badly injured. Webb rejects the promise that execution will repair a family's loss and calls the prolonged capital process brutalizing.
- Sandy Friend sees removal of a death sentence as a betrayal. Her eight-year-old son, Michael Lyons, was abducted and murdered in 1996. She said, “It's total disrespect for the victims. It's a slap in the face.” Families carry different expectations of what justice should deliver.
- Newsom acknowledges that his decision will revive painful memories and anger and hurt some Californians. He calls it among the hardest decisions of his governorship. He says he accepts responsibility for its impact and wants the victims remembered while offenders remain imprisoned for life.
- A separate constitutional challenge could reach California's death-penalty law itself. The state public defender sued in 2024, alleging persistent racial disparities. This spring, the Supreme Court required the attorney general to explain why capital punishment should survive that challenge.
- Attorney General Rob Bonta said in August that evidence of pervasive racial disparities could reveal a constitutionally intolerable risk of arbitrary punishment. That lawsuit proceeds separately from Newsom's request for clemency recommendations.
- Court action on the 382 clemency requests is still pending. Newsom's term ends in January 2027, after eight years in office. To complete those commutations himself, he needs the court's recommendations and must issue the final grants while he's still governor.
Traduction mise à jour le
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