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Justice · Affaire de la banque Ueno

Peña placé en détention dans l’affaire de la banque Ueno, tandis que des millions de clients attendent leur épargne

Un juge a ordonné le placement en détention de l’ancien président paraguayen dans le cadre de l’enquête sur la banque Ueno. Les procureurs doivent encore prouver le rôle qui lui est attribué, tandis que des millions de clients attendent toujours de pouvoir accéder à leurs dépôts.

Rédigé 5 min de lecture · 25 sources

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Traduit de l’original anglais.

2,94 millions de clients : telle était la portée de la banque Ueno avant que la crise bancaire du Paraguay ne devienne une crise présidentielle. Ce chiffre, rapporté par DW, désigne des clients — et non des comptes individuels gelés ou des personnes dont l’épargne est définitivement perdue. Mais il montre l’ampleur de l’urgence qui a conduit à la destitution de Santiago Peña : des millions d’épargnants incapables d’accéder à leurs dépôts, tandis que l’argent de grandes institutions publiques était lui aussi gelé.⁠1

Peña est désormais détenu au régiment d’escorte présidentielle, à Asunción. Le juge Humberto Otazú a ordonné sa détention provisoire le 7 novembre 2026, au lendemain de sa destitution et de son arrestation, tandis que les procureurs enquêtent sur des allégations d’abus de confiance et de prise illégale d’intérêts liées à Ueno. L’ordonnance détermine le lieu où l’ancien président restera pendant la procédure. Elle n’établit pas qu’il a commis ces infractions ni qu’il a provoqué la crise bancaire.⁠1⁠12

Cette distinction est importante, car trois questions différentes se sont entremêlées : Peña aurait-il dû rester président, les procureurs peuvent-ils prouver qu’il a commis des actes répréhensibles, et quand les clients récupéreront-ils leur argent ? Sa destitution a réglé la première. Sa détention ne règle aucune des deux autres.

De l’intervention bancaire à la détention présidentielle

  1. 3 novembre 2026

    L’intervention de la banque centrale a été rendue publique dans un contexte de problèmes de solvabilité d’Ueno, alors que les clients ne pouvaient pas accéder à leurs dépôts.

    119
  2. 6 novembre 2026

    Peña a été destitué à l’issue d’une procédure de mise en accusation, puis arrêté.

    12
  3. 7 novembre 2026

    Otazú a ordonné son placement en détention provisoire au régiment d’escorte présidentielle, où Peña avait déjà passé la nuit précédente.

    112

Les transactions que les procureurs doivent prouver

Peña a passé environ trois heures au bureau du procureur général, à Asunción, le 7 novembre, avant la décision judiciaire. Il s’agissait de sa comparution devant les procureurs, et non de la durée de l’audience qui a suivi. Les procureurs ont demandé son placement en détention provisoire ; Otazú l’a ordonné après une audience distincte à laquelle Peña et son avocat ont assisté.⁠1

La procureure Nancy Salomón a identifié les infractions alléguées comme étant l’abus de confiance et l’administration à des fins de bénéfice personnel, également qualifiée de prise illégale d’intérêts. Ces qualifications sont celles des accusations du parquet, et non des descriptions établies de la conduite de Peña. Le fond de l’affaire porte sur la manière dont des fonds publics et des fonds de pension auraient été versés à Ueno — et sur les raisons pour lesquelles ils y sont restés.⁠1

Selon le document du parquet décrit par DW, Peña aurait pu intervenir dans le placement, le renouvellement et le maintien à la banque de sommes importantes appartenant à des institutions publiques et à des organismes de retraite. Les procureurs allèguent également qu’il avait auparavant des liens économiques et commerciaux avec le groupe d’entreprises d’Ueno.⁠1

Le récit relie ces dépôts à une autre série de transactions : Ueno aurait reçu des fonds publics tout en accordant des prêts à des entreprises liées à son propre groupe économique. Le document du parquet fait état d’observations de surveillance et d’irrégularités relevées dans ces opérations de prêt par les organes de contrôle de la banque centrale. Il s’agit d’allégations concernant des transactions liées entre elles ; elles ne constituent pas encore une chaîne de responsabilités pénales démontrée qui remonterait jusqu’à Peña.⁠1

C’est là la tâche probatoire qui attend les enquêteurs. Une relation commerciale passée ne prouve pas, à elle seule, qu’un président a ordonné le placement des dépôts d’une institution publique. De même, la défaillance d’une banque n’établit pas qui a provoqué ses pertes. Les procureurs doivent relier l’influence alléguée aux transactions et prouver les infractions qu’ils ont retenues.

Les médias paraguayens citent également Carlos Carvallo, l’ancien président de la Banque centrale du Paraguay, comme coaccusé. Son rôle doit être distingué de celui de Peña : l’un dirigeait la banque centrale, l’autre le pays. L’ordonnance de détention signée et l’intégralité des actes d’accusation n’ont pas été examinées de manière indépendante pour cet article, et les éléments disponibles n’établissent ni un montant de pertes imputable à Peña ni le montant dont il aurait personnellement bénéficié.⁠17⁠1

Un nouveau président, une épargne toujours gelée

La destitution de Peña l’a jugé responsable de la mauvaise exécution de ses fonctions — un jugement politique distinct d’une condamnation pénale. Son ancien vice-président, Pedro Alliana, lui a succédé et a entamé sa première journée complète à la présidence le 7 novembre. Tous deux appartiennent au Parti Colorado. La présidence a changé de mains, mais pas de parti.⁠1⁠4

Pour les déposants, ce transfert n’a pas réglé le problème immédiat. La banque centrale est intervenue dans un contexte de difficultés de solvabilité, et la presse spécialisée dans le secteur bancaire a fait état du lancement d’une procédure de résolution. Une procédure de résolution ne signifie pas automatiquement qu’une liquidation a été menée à terme. De même, l’impossibilité d’accéder à un dépôt ne prouve pas que sa valeur entière a été définitivement perdue. Le montant que les clients récupéreront dépend de la suite des événements.⁠19⁠21⁠24

Les restrictions ont touché à la fois l’épargne des ménages et les fonds de l’État. De grandes manifestations de rue ont suivi, et la police a repoussé les manifestants, selon DW. Les informations disponibles pour cet article ne permettent pas d’établir un bilan vérifié des morts ou des arrestations.⁠1

Le pouvoir législatif a réagi : le Sénat paraguayen a annoncé l’approbation d’une mesure prévoyant une avance sur les garanties des dépôts. Il s’agit d’une mesure politique concrète, mais son approbation ne prouve pas que les clients ont reçu des paiements et n’établit pas que chaque dépôt sera intégralement remboursé. Aucune date confirmée de rétablissement de l’accès aux fonds ni aucun montant vérifié des sommes finalement récupérées ne sont disponibles ici.⁠25

Sources20

Parmi les sources citées ici, theparaguaypost.com a publié en premier, 5 jours avant la diffusion de ce reportage. 13 autres médias ont suivi.

6 médias sans date :apnews.comefe.comfixscr.comInvesting.com 香港NPRPoder Judicial

Toutes les sources, par média

25 sources de 20 médias· Les plus cités d’abord

Tel que diffusé
  1. Santiago Peña is being held at the Presidential Escort Regiment. A judge has ordered the ousted president to remain in custody while prosecutors investigate alleged misuse of public and pension money. Millions of savers can't access deposits at the bank at the center of the case. Can prosecutors prove Peña used his influence over that money?
  2. Peña had already spent Friday night at the regiment in Asunción. Judge Humberto Otazú ordered him to remain there on November 7. The ruling keeps the former president in custody while the criminal investigation into Ueno Bank continues.
  3. Earlier that day, Peña spent about three hours being questioned by prosecutors in the capital. Prosecutors then sought pretrial detention. Otazú granted their request after a separate hearing attended by Peña and his lawyer.
  4. Peña lost the presidency and was arrested on November 6. His impeachment found him responsible for poor performance of duties. On November 7, the judge ordered pretrial detention. The impeachment decided his political future. Prosecutors still have to prove the criminal allegations.
  5. Prosecutor Nancy Salomón identified the alleged offenses as breach of trust and administration for personal benefit, also described as self-dealing. The prosecution is examining whether Peña helped direct substantial public and pension funds into Ueno Bank and keep them there.
  6. Prosecutors allege Peña intervened when public institutions and pension entities placed money at Ueno, renewed those placements and left funds there. They also allege the bank received public resources while lending to companies connected to its own business group.
  7. Prosecutors say Peña had an earlier economic and corporate relationship with the bank's business group. They also point to supervisory observations and irregularities identified by the central bank in the lending operations. Those alleged connections are what investigators must now turn into evidence against him.
  8. Otazú's decision determines where Peña will remain during the proceedings. It leaves prosecutors with the task of proving their accusations, including his alleged role in the transactions. The court hasn't decided his guilt or found that he caused the bank's crisis.
  9. Ueno's customers face a more immediate problem. The central bank intervened amid solvency problems, and the crisis became public on November 3. Savers lost access to deposits, while public institutions also found money they held at the bank frozen.
  10. Ueno Bank had 2.94 million customers. That figure counts the bank's customers, rather than individual frozen accounts. Major state institutions were among those with funds frozen, so the restrictions reached public money as well as personal savings.
  11. The central bank began a resolution process to deal with the troubled bank. Customers' eventual recovery depends on what happens through that process. Restricted access to a deposit doesn't by itself tell a saver how much money will ultimately be recovered.
  12. Large street protests followed the loss of access to savings, and police repelled protesters. The bank crisis spilled into public anger before the change at the presidency. Removing Peña from office left customers facing the same restrictions on their money.
  13. Lawmakers have approved legislation for an advance on deposit guarantees. That creates a response for savers waiting for money, but payments to customers haven't been confirmed. The political transfer has also kept the presidency within the same party.
  14. Pedro Alliana succeeded Peña after serving as his vice president. November 7 was his first full day as president, and both men belong to the Colorado Party. Carlos Carvallo, who previously headed the central bank, is also accused in the Ueno investigation.
  15. Prosecutors still have to connect Peña's actions to the movement of public savings and the bank's lending in court. How much public or pension money was improperly placed remains unclear. For customers, there's still no confirmed date for restoring access to deposits, or a verified total of what they will ultimately recover.

Traduction mise à jour le

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