Conflits · Attaques contre la récolte des olivesDossier en cours · reportage 1 sur 3
Des colons attaquent des récoltants d’olives en Cisjordanie et frappent une photographe américaine
Heidi Levine décrit les coups de pied répétés lors d’une attaque contre des récoltants palestiniens près d’Abu Falah. Le bilan des blessés reste incertain, et les enquêtes n’ont pas encore expliqué les actions des soldats.
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Dossier en coursJour 6
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Tout le dossierEnviron 50 coups de pied. C’est l’estimation de la photojournaliste américaine Heidi Levine concernant les coups qu’elle a subis alors qu’elle couvrait la récolte des olives par des Palestiniens près d’Abu Falah, en Cisjordanie occupée. Il s’agit de son souvenir, pas d’un décompte médico-légal. Mais cette estimation exprime quelque chose qu’un bilan des blessures ne peut pas rendre : la violence répétée qu’elle a décrite après que ses agresseurs l’ont poussée à terre. 18
Des colons israéliens ont attaqué des récoltants, des militants et Levine près du village, au nord-est de Ramallah, le vendredi 16 octobre 2026. Des oliviers ont été incendiés, des Palestiniens ont été blessés et Levine, photographe chevronnée travaillant pour The Washington Post, a été transportée dans un hôpital de Ramallah. Des enquêtes de l’armée et de la police israéliennes ont été annoncées. Aucun résultat, aucune arrestation ni inculpation n’a été établi dans les informations disponibles pour cet article. 1 4 17
Les dégâts immédiats sont clairs, même si les chiffres définitifs ne le sont pas : des personnes ont été blessées alors qu’elles récoltaient une culture, et des arbres qui font vivre cette activité ont été brûlés. La question centrale de la responsabilité est tout aussi concrète. Qu’ont vu les soldats israéliens présents dans les environs, et qu’ont-ils fait pour protéger les récoltants et la journaliste ?
La BBC a décrit une douzaine environ de colons vêtus de noir qui dévalaient une pente près d’un avant-poste en direction des champs où des Palestiniens et des militants récoltaient des olives. Ils ont lancé des pierres, notamment avec des frondes, et auraient incendié une douzaine environ d’oliviers. Dans un autre reportage, la BBC a décrit des images montrant des arbres en feu, avec des coups de feu audibles. Les incendies attestent les dégâts ; le son atteste des tirs. Ni l’un ni l’autre ne permet, à lui seul, d’identifier un tireur. 13 14
La taille du groupe attaquant reste indéterminée. Dans son article du 16 octobre, The Washington Post a repris l’estimation d’un témoin citée par Reuters, selon laquelle environ 80 personnes avaient participé. Le même jour, la BBC a décrit une douzaine environ de personnes lors de la charge dans la pente, tandis que The Guardian indiquait qu’au moins 80 personnes s’étaient rassemblées pour empêcher la récolte. Un groupe observé à un moment donné peut être moins nombreux que l’ensemble des personnes rassemblées, mais cette explication n’a pas été établie. Le chiffre de 12 n’est pas un total vérifié ; celui de 80 reste une estimation. 1 13 12
Une agression, et un bilan incertain
Depuis l’hôpital, Levine a déclaré avoir été poussée à terre et frappée à coups de pied à plusieurs reprises. Elle a dit que son casque et sa veste l’avaient aidée à se protéger, et que des collègues palestiniens étaient intervenus. Selon sa propre estimation, l’agression a duré environ 10 minutes ; des témoins cités par The Guardian ont parlé de plus de 10 minutes. Ce sont des souvenirs approximatifs, pas une reconstitution chronométrée. 18 1 12
Sinon, je ne serais probablement pas là du tout, parce qu’ils n’arrêtaient pas de me donner des coups de pied, encore et encore – environ 50 fois.
Son hospitalisation est corroborée, notamment par une photographie publiée par le Comité pour la protection des journalistes. La nature exacte de ses blessures et ses perspectives de rétablissement ne sont pas établies de manière indépendante. Les premières descriptions d’un état stable et de points de suture ne doivent pas être considérées comme une évaluation médicale confirmée ou un pronostic actuel. 4 1
Selon son employeur, Levine était clairement identifiée comme journaliste. Matt Murray, rédacteur en chef, a évoqué des « marquages visibles l’identifiant clairement comme journaliste », a déclaré que l’organisation était « indignée » et a demandé aux autorités israéliennes d’enquêter. Cette identification importe pour examiner l’agression, mais elle ne permet pas d’établir ce que chaque agresseur a vu ni ce qui l’a motivé. 31
The Guardian a rapporté que son passeport, son téléphone, son portefeuille et son matériel avaient été volés ; un autre récit mentionnait la perte de son appareil photo et de son sac. Ces descriptions peuvent se recouper plutôt que correspondre à des vols distincts. Il n’est pas établi que les effets personnels aient été retrouvés. 12 34
Il n’existe pas de liste consolidée des victimes palestiniennes de l’attaque. Dans son article du 16 octobre, The Guardian citait le bilan minimum de six blessés à Abu Falah communiqué par le Croissant-Rouge palestinien. Le même jour, la BBC rapportait les propos de Yaser AlKam, membre du conseil local de Turmus Aya, un village voisin, selon lesquels 12 Palestiniens avaient été blessés, dont quatre citoyens binationaux palestino-américains. Les quatre sont inclus dans les 12, et non à ajouter à ce nombre. 12 2
Dans un premier article, Al Jazeera, qui citait son équipe et Reuters, a fait état d’au moins deux blessés, Levine comprise. Ce chiffre plancher n’est pas un bilan définitif. Il est également impossible d’ajouter simplement Levine aux 12 d’AlKam : les articles ne donnent pas les détails, personne par personne et incident par incident, nécessaires pour établir s’il y a chevauchement entre ces chiffres ou s’ils couvrent les mêmes attaques à proximité. Un agriculteur grièvement blessé, interrogé par la BBC, se rendait à l’hôpital, mais on ignore s’il est inclus dans ces bilans. 3 14
La date appelle également une précision. The Washington Post, les reprises de Reuters et le CPJ situent l’agression de Levine à Abu Falah au 16 octobre 2026. Un article de la BBC comporte une ligne inexpliquée indiquant « Publié le 21 octobre 2025 ». Cette divergence ne permet pas d’établir qu’elle a subi une seconde agression. L’heure exacte de l’attaque et le fait de savoir si la charge particulière dans la pente filmée par la BBC correspond à l’épisode où Levine a été renversée restent invérifiés. 1 16 4 2
La présence n’est pas encore une explication
Des témoins ont déclaré que les soldats n’avaient pas empêché les violences, et un reportage de la BBC a situé des véhicules militaires israéliens sur les lieux. Selon la position déclarée par l’armée, ses soldats n’ont pas vu l’agression de Levine et les circonstances font l’objet d’une enquête. Ces affirmations portent sur des aspects différents : la présence dans les environs ne prouve pas qu’un soldat en particulier ait vu toutes les parties de l’agression, tandis que dire que les soldats ne l’ont pas vue ne répond pas à la question de la protection qu’ils ont assurée ailleurs dans l’affrontement. 1 14
The Guardian a rapporté que les forces avaient tiré des gaz lacrymogènes en direction des Palestiniens après que certains d’entre eux avaient ramassé des pierres, décrivant cette collecte de pierres comme un acte de légitime défense. La BBC a également fait état de tirs de gaz lacrymogène, en expliquant qu’ils visaient à mettre fin à l’affrontement. Le déploiement rapporté et les explications quant à son objectif ne doivent pas être confondus : aucun des deux récits ne reconstitue entièrement les actions des soldats. 12 2
Une autre photographie montre un Palestinien blessé allongé sur une route à Abu Falah, avec des soldats israéliens à proximité. Une légende de photographie de l’AP reprise par The Times of Israel précise que les soldats lui ont tiré dessus après l’attaque des colons. Une autre légende décrit la scène sans attribuer le tir. Cette omission n’est pas une contradiction, mais l’attribution de la légende ne constitue pas une reconstitution distincte de la séquence du tir. On ignore son état, les circonstances du tir et s’il est inclus dans un quelconque bilan des blessés. Des coups de feu audibles dans d’autres images ne permettent pas de répondre à ces questions. 37 17
Le militant palestinien Issa Amro a allégué une coordination ou un soutien de l’armée aux attaques des colons. Cela n’a pas été démontré dans le cas de cette agression. La position plus générale de l’armée, rapportée par la BBC, est que de tels actes sont le fait de quelques individus et que ses forces sont présentes pour maintenir la sécurité. Ni l’allégation ni cette assurance ne remplacent les éléments de preuve sur ce qui s’est passé dans ces champs. 14
Le conseil des colons de Binyamin a contesté le récit de l’agression et invoqué une « provocation planifiée ». Le communiqué disponible est incomplet et ne propose pas de récit alternatif détaillé expliquant l’agression de Levine et son hospitalisation. Qualifier les intentions des récoltants ne répond pas, preuves à l’appui, à la question de l’agression. 36 37
La pression plus générale se reflète dans un minimum attribué, et non dans une série définitive : Yesh Din a recensé au moins 170 attaques de colons entre le 27 septembre et la période couverte par les articles du 16 octobre, selon The Guardian. Séparément, le journal a rapporté l’existence d’ordres exigeant l’approbation de l’armée pour que les Palestiniens accèdent à environ 8,800 hectares de terres agricoles, soit une hausse rapportée de 30 pour cent par rapport à l’année précédente. Les ordres sous-jacents et la méthode de mesure n’ont pas pu être retrouvés de manière indépendante. Aucun de ces chiffres ne mesure les dégâts à Abu Falah. 12 42
La police a déclaré que des agents se préparaient à se rendre sur les lieux avec une force de l’armée pour recueillir des preuves et des témoignages. Il s’agit d’une étape de l’enquête, pas d’une conclusion sur les responsabilités. Il s’agit désormais d’établir si les enquêtes distinctes détermineront qui a attaqué les personnes, qui a tiré sur l’homme blessé et si les soldats ont omis de protéger les personnes qui récoltaient et couvraient l’événement dans les oliveraies. 30 17
Ce que l’on sait
Ce que l’on ignore
- Aucune liste définitive consolidée des victimes, aucun pronostic médical confirmé, aucun agresseur identifié et aucune conclusion d’enquête définitive ne sont établis.
La suite
- Recherchez des mises à jour médicales documentées, une liste consolidée des blessés et des conclusions d’enquête expliquant à la fois le comportement des agresseurs et la réaction des soldats.
Tel que diffusé 24 lignes
- Israeli settlers attacked olive harvesters and set trees ablaze near Abu Falah.
- Palestinians were injured, and American photojournalist Heidi Levine was beaten and taken to hospital. The violence struck people gathering their crop and the trees that sustain that work.
- What did soldiers in the area do to protect them?
- Levine was attacked near Abu Falah, northeast of Ramallah, in the occupied West Bank. Her assault is dated October sixteenth, twenty twenty-six. Palestinians and activists were harvesting olives in fields below a hill near an outpost.
- Witnesses described masked, black-clad settlers charging downhill, throwing stones and using slingshots. About a dozen olive trees were reportedly set alight. Gunshots were audible during the violence, but the sound alone doesn't identify a shooter.
- One description puts about a dozen attackers in the downhill charge. Other witnesses estimated about 80 participants, and another account described at least 80 gathering to stop the harvest. It's unclear whether those numbers describe different stages of the attack.
- Levine says settlers pushed her to the ground and kicked her repeatedly. She estimated about 50 kicks. Witnesses described a beating lasting more than ten minutes. She said Palestinian colleagues intervened.
- Levine spoke about the beating from a hospital in Ramallah. She said her helmet and jacket helped protect her. Her precise injuries and recovery prospects are still unclear.
- Her editor, Matt Murray, said Levine had visible markings identifying her as a journalist. He called the organization outraged and urged Israeli authorities to investigate. Her identification doesn't tell us what motivated each attacker.
- Levine also said her camera and bag were stolen. Other descriptions list her passport, phone, wallet and equipment. Those accounts may describe the same losses. A Palestinian farmer was badly injured and heading to hospital, and American citizen Majdi Fheed was also identified among the injured.
- The Palestinian Red Crescent reported at least six injured in Abu Falah. Council member Yaser AlKam described 12 injured Palestinians, including four Palestinian-American dual citizens. The accounts may cover different people or nearby attacks, and they can't be added together.
- An early injury minimum was two people, including Levine. That lower bound doesn't settle the eventual toll. There's no patient-by-patient breakdown connecting these counts, and adding Levine to the twelve would manufacture a total.
- Witnesses say Israeli soldiers failed to stop the violence. Military vehicles were present, and forces reportedly fired tear gas toward Palestinians after some picked up rocks. Accounts differ over whether that intervention protected people or simply ended the confrontation.
- Israeli soldiers reportedly shot and wounded a Palestinian man after the settler attack. His condition and the circumstances of the shot are unclear. The gunfire heard during the violence doesn't resolve who fired that particular shot.
- The military says its troops didn't see Levine's assault and that it's investigating. Soldiers' presence in the area doesn't show what each one saw. But the military's statement leaves the witnesses' allegation of a failure to intervene unresolved.
- Palestinian activist Issa Amro alleges military coordination with, or support for, settler attacks. That allegation hasn't been demonstrated in this assault. The army says such acts involve a few individuals and that its forces are there to maintain security.
- The Binyamin settler council challenged the assault account and invoked a planned provocation. Its incomplete statement offers no full alternative sequence explaining Levine's beating and hospital treatment.
- Yesh Din, an Israeli rights group, counted at least 170 settler attacks since September twenty-seventh. That tally covers the wider West Bank through the October sixteenth reporting window. It shows the pressure surrounding the harvest beyond Abu Falah.
- Palestinian authorities reported at least four deaths and more than 100 injuries over the preceding month. Separately, the United Nations' harvest-related tally described one Palestinian killed and more than 120 injured across the West Bank. These overlapping totals must stay separate.
- The United Nations describes settler violence as reaching record levels. It says attacks in the first two harvest weeks exceeded the previous full season. But other tallies use different periods and totals, leaving that precise seasonal comparison uncertain.
- A Palestinian organization estimates that more than 147,000 olive trees were affected across the West Bank over two years. Its broad measure of trees affected doesn't tell us how many burned or were destroyed. Separately, three cars were reportedly burned near Turmus Ayya.
- New land-access orders reportedly require military approval for Palestinians to enter about 8,800 hectares of agricultural land. That's a reported 30 percent increase from the previous year, adding another barrier to reaching the crop beyond the immediate violence.
- The military and police have announced separate investigations into the attack. Their findings are still awaited, and there's no confirmed word on arrests or charges. Who beat Levine, and whether soldiers failed to protect the harvesters and journalist, remain unresolved.
- Police said officers were preparing to enter the scenes with an army force to collect evidence and testimony.
Sources
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