Justice · Des personnes détenues en CisjordanieDossier en cours · reportage 3 sur 3

Des personnes détenues après des attaques en Cisjordanie, mais l’affaire Levine reste sans réponse

Les arrestations marquent un changement après l’agression de Heidi Levine, mais les comptes rendus contradictoires sur les détentions et les questions sans réponse concernant le comportement des soldats laissent la question des responsabilités en suspens.

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  1. Mise à jour 1Des colons attaquent des récoltants d’olives en Cisjordanie et frappent une photographe américaine
  2. Mise à jour 2Heidi Levine opérée après une attaque de colons ; aucune arrestation annoncée
  3. Mise à jour 3Des personnes détenues après des attaques en Cisjordanie, mais l’affaire Levine reste sans réponseVous êtes ici

Ce qui a changé depuis notre dernier reportage

26 heures plus tard

Avant

Heidi Levine opérée après une attaque de colons ; aucune arrestation annoncée

Ce que nous disions encore en suspens

  1. Aucun bilan définitif des victimes concilié, pronostic médical confirmé, agresseur identifié ni conclusion d’enquête définitive n’est établi.

    Encore en suspens

    Des arrestations et des prolongations de détention par un tribunal sont désormais rapportées, mais l’identité des agresseurs, les conclusions définitives de l’enquête, un bilan des victimes concilié et un pronostic médical confirmé ne sont toujours pas établis. Le récit plus précis de Levine sur ses blessures ne comble pas ces lacunes. 1 270

  2. Cherchez des informations médicales documentées, une liste conciliée des blessures et des conclusions d’enquête expliquant à la fois le comportement des agresseurs et la réaction des soldats.

    Encore en suspens

    Levine a été interrogée depuis l’hôpital le 19 octobre, mais aucun calendrier définitif de rétablissement ni aucune liste conciliée de ses blessures ne sont établis. L’opération de maintien de l’ordre n’a pas expliqué le comportement des soldats ni résolu les divergences entre les récits de leur intervention. 1 5

Maintenant

Les arrestations marquent un changement après l’agression de Heidi Levine, mais les comptes rendus contradictoires sur les détentions et les questions sans réponse concernant le comportement des soldats laissent la question des responsabilités en suspens.

Heidi Levine s’exprimait encore depuis un lit d’hôpital le 19 octobre, trois jours après avoir été battue par des hommes masqués alors qu’elle couvrait des Palestiniens récoltant des olives en Cisjordanie occupée. La photojournaliste américaine a décrit des vertèbres fracturées, une côte cassée et une blessure à un doigt nécessitant une opération. Elle était toujours trop blessée pour reprendre le travail. La police avait commencé à procéder à des arrestations, mais l’identité des auteurs de ces blessures — et la raison pour laquelle les soldats ne l’avaient pas protégée — n’était toujours pas établie. 1 2

La police israélienne a annoncé lundi 19 octobre 2026 la mise en détention de dix personnes dans le cadre d’une enquête portant sur l’agression de Levine, une attaque distincte contre des représentants européens et des soupçons de construction illégale. Un tribunal a ensuite prolongé la détention de suspects, même si les comptes rendus publiés divergent sur leur nombre et la durée de leur maintien en détention. 1 273

Il s’agit d’un changement concret par rapport à notre article du 18 octobre, qui décrivait l’opération de Levine et indiquait qu’aucune arrestation n’avait été annoncée. Mais ce n’est pas encore la réponse à la question plus difficile laissée en suspens par cet article : qui l’a battue, et que permettront d’établir les enquêteurs au sujet des forces déployées à proximité ?

Cette distinction importe, car la détention de dix personnes ne signifie pas que dix participants à l’agression de Levine ont été identifiés. L’enquête porte sur différents incidents et infractions présumées. Les comptes rendus disponibles ne font état ni d’actes d’accusation officiels, ni d’accusés nommément désignés, ni de conclusions définitives. 261 270

Une opération, deux attaques distinctes

La police a procédé à des arrestations avant l’aube dans la région de Binyamin, dans le cadre de l’opération « Feuille d’olivier ». Selon les comptes rendus publiés à l’époque, les agents ont recueilli des éléments, saisi des véhicules et emmené des suspects pour les interroger. Les soupçons rapportés incluent des violences, l’entrée dans une zone militaire fermée et des constructions illégales ; la police n’a pas publiquement associé chaque accusation à chaque personne détenue. 263 261 1

Levine a été agressée près d’Abu Falah, au nord-est de Ramallah, le 16 octobre. Le lendemain, des hommes armés de bâtons et de barres de fer ont attaqué des représentants européens et des Palestiniens récoltant des olives près de Taybeh. Il s’agissait d’agressions survenues deux jours de suite et dans des lieux différents, et non de descriptions interchangeables d’une même confrontation. 21 269 1

La délégation à Taybeh comprenait des responsables belges, français et polonais ainsi que des représentants de l’Église catholique. Un maire français en visite, Bernard Baudoux, a été agressé, la vitre d’un véhicule officiel a été brisée et un jeune Palestinien a été grièvement blessé. Le ministre israélien des Affaires étrangères a condamné l’agression, tout en déclarant que la délégation n’avait pas coordonné sa visite avec l’armée. Cette réserve n’identifie pas les agresseurs et n’excuse pas les violences. 4 9 1

Le nombre d’arrestations doit lui aussi être associé à un moment précis. Un premier article du Times of Israel en comptait huit ; la police a ensuite annoncé dix arrestations. Un article mis à jour du Times of Israel en a rapporté onze. Dix correspond au chiffre initial vérifié de l’annonce policière, et non à un total final garanti. Les circonstances de l’arrestation de la personne supplémentaire et son statut au regard de la détention ne sont pas établis. 314 280 265

Les comptes rendus sur les détentions sont plus difficiles à concilier. Le Guardian a rapporté le 19 octobre que six hommes avaient obtenu des prolongations de trois à quatre jours. Le compte rendu judiciaire du Times of Israel publié le même jour indiquait que sept des dix personnes initialement arrêtées resteraient en détention jusqu’au mercredi 21 octobre. Un autre article publié le 19 octobre par The State of Israel faisait état de prolongations de deux jours pour six suspects. Ces comptes rendus sont sensiblement différents et ne constituent pas une liste définitive et cohérente des décisions. 1 273 346

Demócrata a rapporté séparément que trois des dix personnes avaient été libérées sous des conditions restrictives et qu’une autre resterait détenue jusqu’au 20 octobre. Ynet a indiqué que trois suspects dans l’agression de Levine seraient détenus jusqu’au 21 octobre, en plus de prolongations distinctes concernant l’attaque contre les diplomates. En l’absence des décisions de justice sous-jacentes et d’une liste complète, il est impossible de distinguer des décisions successives, des décomptes différents et des erreurs de compte rendu. Une arrestation et un placement en détention provisoire ne constituent pas une déclaration de culpabilité ; une libération sous conditions ne constitue pas une déclaration d’innocence. 275 274

Ce que les arrestations n’expliquent pas

Levine, 63 ans, affirme que des colons masqués l’ont poussée à terre, frappée avec des bâtons et rouée de coups de pied après qu’elle s’est retrouvée séparée des personnes qui récoltaient les olives. Elle estime que les coups ont duré plus de dix minutes — une durée estimée, et non mesurée — et a décrit depuis l’hôpital une tentative de lynchage. Elle pense que son casque et son gilet pare-balles marqué comme équipement de presse lui ont évité des blessures plus graves. 6 5 1

Son récit mentionne quatre vertèbres fracturées, une côte cassée et des lacérations. Notre article du 18 octobre faisait déjà état de plusieurs vertèbres fracturées et d’une opération le 17 octobre pour une grave blessure à un doigt. Le nombre précis de vertèbres vient du récit de Levine, et non d’un diagnostic hospitalier détaillé récemment obtenu. Aucune date de sortie confirmée ni aucun calendrier de rétablissement ne sont établis. 5 76

Elle affirme que son appareil photo, son téléphone et son sac lui ont été pris ; le compte rendu du Guardian du 18 octobre mentionne également son passeport. Aucun inventaire des biens concilié avec un relevé de restitution n’établit ce qui a été rendu. Son employeur, le Washington Post, a exigé une enquête complète et transparente. 4 6

La témoin Adele Shoko a raconté que des pierres avaient été lancées sur les personnes qui récoltaient les olives, que des champs avaient été incendiés et que des coups de feu avaient été tirés avant que Levine ne soit isolée et frappée à coups de matraque. Shoko a également déclaré qu’une personne avait été touchée par balle à la cuisse et que les forces israéliennes avaient utilisé des gaz lacrymogènes et tiré sur des Palestiniens après leur arrivée. Ces récits ne permettent pas d’identifier le tireur ni d’établir un bilan définitif des victimes. 5

Comme nous l’avons rapporté le 18 octobre, Levine a affirmé que des soldats à proximité ne l’avaient pas protégée. L’armée a déclaré que les soldats arrivés sur place avaient utilisé des moyens de dispersion des émeutes ; son examen initial a indiqué que les soldats n’avaient pas été témoins de l’agression. Son récit distinct concernant des tirs en direction d’une personne portant un objet tranchant se rapporte à un autre lieu ; il ne peut pas simplement servir à expliquer les coups de feu tirés là où Levine a été agressée. Les arrestations n’ont pas résolu cette contradiction. 80 32

La sécurité de qui déclenche une intervention des autorités ?

Des appels internationaux ont précédé l’opération. L’ambassadeur américain Mike Huckabee a qualifié l’agression de Levine d’« acte terroriste abject » et réclamé une enquête, des arrestations et des poursuites. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que les images avaient choqué les États-Unis, qui avaient demandé à Israël de sévir contre les violences. Cette chronologie ne permet pas d’établir quel appel a déclenché l’opération, et la qualification de Huckabee ne constitue pas l’annonce d’une accusation de terrorisme. 6 5

Benjamin Netanyahu a condamné les violences tout en qualifiant l’agression de Levine d’« attaque présumée » et l’affaire des diplomates d’« allégations non prouvées ». Son bureau a déclaré que les circonstances restaient floues et mis en garde contre les calomnies visant les colons respectueux de la loi. Les enquêteurs doivent encore établir les responsabilités individuelles, mais cette incertitude n’efface ni l’agression ni les blessures avérées. Levine a qualifié sa réaction de « grosse gifle en plein visage ». 6 1

Le véritable test va au-delà des victimes étrangères. Ziv Stahl, directeur exécutif de Yesh Din, a souligné la différence entre cette intervention des autorités et l’expérience des Palestiniens confrontés aux violences des colons.

Il est révélateur qu’il ait fallu des attaques contre des ressortissants étrangers pour inciter les autorités israéliennes à réagir de manière significative.

Ziv Stahl 1

Selon le compte rendu du Guardian du 19 octobre, le groupe de défense des droits humains a recensé 561 incidents de violences commises par des colons et des soldats contre des Palestiniens en trois semaines depuis le 27 septembre — plus de 26 par jour. Il s’agit d’un décompte combiné des incidents impliquant des colons et des soldats dans toute la Cisjordanie, et non d’un bilan des victimes ni d’une mesure limitée aux colons. La liste des incidents sous-jacente et la date exacte d’arrêté ne sont pas disponibles ici. 1

On ne peut pas non plus présenter ce chiffre de manière responsable comme une hausse par rapport au chiffre précédent de 170. CBS a décrit les attaques comme ayant augmenté de « 170 », sans définir la mesure, tandis que des articles précédents utilisaient 170 comme décompte des attaques. Leurs définitions et dates d’arrêté n’ont pas été conciliées. 2

Stahl a déclaré que 94% des enquêtes sur les violences commises par des colons contre des Palestiniens se terminaient sans mise en accusation. Le compte rendu ne précise ni la période observée ni le dénominateur ; cette statistique ne permet pas de prédire l’issue du cas des personnes détenues. Elle explique pourquoi une annonce d’arrestation doit être jugée à l’aune de ses suites, et non considérée comme l’aboutissement de la reddition de comptes. 1

La première vérification documentaire consiste à consulter les décisions de détention elles-mêmes, en particulier les échéances différentes des 20 et 21 octobre, puis les éventuelles charges et les éléments reliant des personnes à chacune des agressions. Le test concret consiste à savoir si les familles palestiniennes peuvent achever la récolte des olives en toute sécurité. Une opération menée après des attaques contre des étrangers n’a pas encore démontré que cette protection était assurée. 275 273

Tel que diffusé 24 lignes
  1. Israeli police detained ten suspects, and a court extended custody following attacks on foreigners.
  2. On October 18, we reported masked men attacking Palestinian olive harvesters near Abu Falah. No arrests had been announced by then. The new investigation covers attacks on a journalist and European visitors, alongside suspected illegal construction.
  3. Investigators now have to connect individual suspects to the attacks and explain what soldiers did.
  4. Heidi Levine was beaten near Abu Falah, northeast of Ramallah, on October 16. European representatives and Palestinian harvesters were attacked near Taybeh the next day. Police connect both incidents to their investigation in the occupied West Bank.
  5. Police made pre-dawn arrests in the Binyamin area during Operation Olive Leaf on October 19. They say officers collected evidence, confiscated vehicles and took suspects for questioning. The suspected offenses include violence, entering a closed military zone and illegal construction. Police haven't assigned every allegation to every detainee.
  6. The court figures differ. Six men received extensions of three to four days in one account. Another puts seven of the original ten in custody until October 21. Those figures haven't been reconciled, and the custody dates differ too.
  7. Six suspects are also reported to have received two-day extensions. Three of the ten were reportedly released under restrictions, while another custody account puts one detainee in custody only until October 20. Early arrest coverage counted eight. Police announced ten, and an updated total reached eleven. The additional person's circumstances are still unclear.
  8. Levine says masked settlers pushed her down, beat her with sticks and repeatedly kicked her after she became separated from the harvesters. The 63-year-old estimates the beating lasted more than ten minutes. She described it from hospital as an attempted lynching.
  9. She says she suffered four broken vertebrae, a broken rib and lacerations. A severe finger injury required surgery on October 17. The specific vertebra count comes from Levine's account. She was interviewed from a hospital bed on October 19 and remained too injured to return to work.
  10. Levine says her helmet and press-marked body armour prevented worse injuries. She says her camera, phone and bag were taken; another account includes her passport. Her employer has demanded a full, transparent investigation.
  11. Witness Adele Shoko described rocks thrown at harvesters, fields set on fire and gunfire before Levine was isolated and beaten. Shoko also said someone was shot in the thigh, and Israeli forces used tear gas and fired at Palestinians after arriving.
  12. Levine says soldiers nearby failed to protect her. The military says arriving troops used riot-dispersal means, and its initial review said troops hadn't witnessed her beating. Its separate account of firing toward someone carrying a sharp object concerned another location.
  13. The arrests haven't explained the soldiers' response or identified the person who fired the shot described by Shoko. The wider injury totals also remain unsettled.
  14. Men carrying sticks and iron bars attacked the delegation near Taybeh. They assaulted visiting French mayor Bernard Baudoux, smashed an official vehicle's window and severely injured a young Palestinian man. The group included Belgian, French and Polish officials and Catholic Church representatives.
  15. Israel's foreign minister condemned that assault while saying the delegation hadn't coordinated its visit with the military. Former Israeli diplomats called for government intervention and protested settler violence. Israeli settlements in the West Bank are considered illegal under international law, a position Israel rejects.
  16. US ambassador Mike Huckabee called Levine's assault a “despicable act of terror” and demanded investigation, arrests and prosecution. Secretary of State Marco Rubio said the images disturbed the United States, which had asked Israel to crack down on the violence.
  17. Those demands came before the arrests. That sequence doesn't show which demand prompted the operation. Huckabee's language was his characterization of the attack; prosecutors haven't announced a terrorism charge.
  18. Benjamin Netanyahu condemned violence but called Levine's assault an “alleged attack” and the diplomats' case “unproven allegations.” His office said the circumstances remained unclear and warned against using disputed incidents to smear law-abiding settlers.
  19. Levine rejected the suggestion that settlers had been helping her as “such a lie and the biggest insult.” She called Netanyahu's response “a big slap on my face.” Her injuries and beating are established facts, even as investigators work to identify individual assailants.
  20. Yesh Din counted 561 incidents of settler and soldier violence against Palestinians over three weeks since September 27. That's more than 26 a day. The tally covers both settlers and soldiers across the West Bank, well beyond the two attacks under investigation.
  21. The earlier figure of 170 can't be used as a matching baseline. Its definition and cutoff remain unclear, so the two numbers don't show a verified increase on a single comparable measure.
  22. Yesh Din director Ziv Stahl says the response exposes a disparity: attacks on foreign nationals prompted significant enforcement while Palestinians have endured years of settler violence. Levine also says Palestinians across the West Bank face attacks, injury and the loss of property and relatives.
  23. Stahl says 94 percent of investigations into settler violence against Palestinians close without indictments. She didn't specify the period or total number of investigations. That figure can't predict what will happen to these detainees.
  24. The custody periods being cited end on October 20 or October 21. The actual court orders are needed to settle who remains held. Investigators still have to identify who beat Levine and explain the soldiers' conduct. Palestinian families still need protection to finish their olive harvest.

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