Reportage
Près de 600 anciens généraux et espions ont alerté Trump sur les violences des colons
Environ 550 à 600 généraux, espions et diplomates à la retraite ont exhorté Trump à faire pression sur Netanyahu au sujet des violences en Cisjordanie, en lançant leur appel à la veille d’un sommet à Washington.
Traduit de l’original anglais.
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Commençons par le chiffre, car c’est lui qui fait l’actualité. Entre 550 et 600 anciens hauts responsables israéliens de la sécurité ont apposé leur nom à un appel adressé à un président américain, lui demandant de retenir leur propre Premier ministre. 2 5 6 3 Il ne s’agit ni d’une pétition marginale ni d’une publicité dans un journal achetée par des militants. Des généraux et colonels retraités de Tsahal l’ont signée aux côtés d’anciens officiers du Mossad et du Shin Bet, ainsi que d’anciens responsables du ministère des Affaires étrangères : un échantillon de l’establishment qui dirigeait autrefois les guerres, les opérations de renseignement et la diplomatie, et qui affirme aujourd’hui que celles-ci échouent. 5 6
C’est son ampleur qui rend la lettre sans précédent, mais aussi imprécise. NewsBeep a parlé de centaines de signataires, conformément à un chiffre supérieur à 550. 2 Un article de Ynet cité par VINnews a avancé un chiffre proche de 600, également repris par des articles dérivés d’Al Jazeera et par l’Economic Times. 5 6 3 Les sources divergent sur le nombre définitif et ne fournissent pas de liste exhaustive, si bien que le chiffre honnête se situe entre environ 550 et 600. Ce qui ne fait pas débat dans les articles, c’est l’importance de ceux qui ont signé, plutôt que le décompte exact. 2 5 6
Leur demande était directe et politique. La lettre était adressée au président américain Donald Trump et l’exhortait à faire pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour qu’il endigue les violences des colons en Cisjordanie. 5 6 2 Les termes repris dans les articles décrivent ces actes comme de la terreur des colons et comme des actes de terrorisme commis par des colons juifs en Cisjordanie. 5 6 Cette formulation est importante. Elle ne présente pas ces violences comme des excès isolés sur des collines ni comme un problème d’image. Elle les présente comme du terrorisme, auquel il faut mettre fin en faisant jouer le poids des États-Unis auprès du gouvernement israélien.
Un calendrier choisi en fonction du déplacement de Netanyahu à Washington
La lettre a été publiée le lundi 27 juillet 2026. 2 5 6 Le calendrier était délibéré : elle a paru juste au moment où Netanyahu s’apprêtait à s’envoler pour Washington afin d’y rencontrer Trump. 2 9 Quiconque a suivi la diplomatie entre les États-Unis et Israël sait pourquoi d’anciens généraux et espions choisiraient ce moment. Une note confidentielle peut être classée. Un appel public lancé à la veille d’une rencontre entre dirigeants ne le peut pas, car il oblige à se demander si le président américain évoquera en privé ce que des centaines d’Israéliens viennent de dire publiquement.
L’avertissement accompagnant l’appel était délibérément alarmant. Les titres ont repris l’affirmation selon laquelle le terrorisme des colons pourrait s’avérer plus catastrophique que le Hamas, et, dans certaines versions, pire que le 7 octobre. 3 5 Un autre article a résumé l’appel comme un avertissement d’une catastrophe si Netanyahu n’agit pas pour endiguer les violences des colons. 2 Ces formulations proviennent de titres et de résumés, et non d’un texte intégral publié dans les documents disponibles ; aucun passage cité mot pour mot de la lettre ne figure dans les extraits fournis. Le message général est toutefois cohérent d’un média à l’autre : des violences incontrôlées en Cisjordanie risquent de déclencher un conflit plus vaste qu’Israël ne pourra pas contenir.
Les lecteurs doivent rester prudents quant au contenu attribué à la lettre au-delà de cette demande centrale. Une version de l’article diffusée avec la vidéo énumérait trois demandes précises concernant les arrestations, le financement de l’Autorité palestinienne et la fin de la terreur des colons. Seule la demande générale de faire pression sur Netanyahu au sujet des violences des colons est confirmée par les sources fournies. 2 5 6 Cela ne signifie pas que la liste plus détaillée soit fausse, mais que le dossier de presse ne permet pas de l’étayer. Dans une affaire où chaque chiffre et chaque demande seront instrumentalisés, distinguer les éléments documentés de ceux qui sont simplement avancés fait partie intégrante de l’histoire.
La même prudence s’impose face aux attributions spectaculaires. Aucun propos verbatim d’un signataire ne figure dans les extraits fournis, et le dossier ne vérifie pas les commentaires radiodiffusés attribués à un signataire. L’avertissement selon lequel la situation pourrait être plus catastrophique que le Hamas n’est corroboré que par des titres. 3 5 Les sources sont bien maigres pour une comparaison aussi grave, mais cela est également révélateur. Les signataires n’avaient pas besoin de publier un mémoire juridique. Ils devaient faire en sorte qu’un titre parvienne à Washington avant Netanyahu, et ils y sont parvenus.
Cette lettre contradictoire, rapportée par le Jerusalem Post et Yahoo, n’est pas un détail secondaire. Elle constitue l’autre versant d’un débat au sein de l’establishment israélien. 4 7 Un camp composé de personnalités actuelles et anciennes des milieux de la sécurité affirme que les violences juives en Cisjordanie constituent une menace stratégique, provoquent des représailles, érodent la discipline et fournissent un prétexte aux ennemis d’Israël. L’autre soutient que l’accent mis sur les colons déforme la réalité, ignore le terrorisme palestinien et s’appuie sur des informations exagérées d’organisations internationales et de groupes israéliens de défense des droits pour saper les communautés juives. 4 7 Les deux camps ne peuvent pas avoir raison sur les faits sur le terrain, mais leurs arguments peuvent tous deux être efficaces sur le plan politique à Washington, où ces lettres concurrentes d’anciens combattants donnent au président américain la possibilité de choisir le récit qu’il privilégie déjà.
Le contexte permet de comprendre que cette démarche ne sort pas de nulle part. Le 17 juin 2026, Liberties a publié une lettre adressée à Netanyahu, à des ministres de premier plan et à des chefs de la sécurité sur le même sujet. 11 Le 24 juin 2026, d’anciens dirigeants israéliens et des chefs de la sécurité auraient menacé d’engager des poursuites judiciaires au sujet du terrorisme juif et accusé Tsahal de complicité. 8 Le 29 juillet 2026, le chroniqueur Bret Stephens, fervent défenseur d’Israël, a écrit que l’incapacité à s’attaquer aux violences des colons menaçait la sécurité israélienne. 10 Ce dernier texte est un commentaire, et non un élément de la lettre à Trump, mais il montre que l’appel de juillet s’inscrivait dans une escalade qui a duré tout l’été parmi les membres de l’establishment : des avertissements internes aux menaces judiciaires, puis à un appel direct à Washington.
Ce que l’on sait
- Environ 550 à 600 anciens responsables de Tsahal, du Mossad, du Shin Bet et du ministère des Affaires étrangères ont appelé Trump à agir contre les violences des colons. 256
- La lettre a été publiée le 27 juillet 2026, alors que Netanyahu se préparait à rencontrer Trump à Washington. 256
- La demande centrale était que Trump fasse pression sur Netanyahu pour qu’il mette fin à la terreur des colons en Cisjordanie. 56
Ce que l’on ignore
- Les sources ne documentent aucune réponse publique de Trump ni aucun résultat jusqu’à la date de diffusion du 29 juillet.
- Les extraits disponibles ne fournissent ni texte intégral vérifié, ni décompte définitif des signataires, ni liste de leurs noms.
La suite
- Trump évoquera-t-il la lettre avec Netanyahu à Washington ou la laissera-t-il sans réponse ?
- Les autorités israéliennes modifieront-elles leurs pratiques en matière d’application de la loi, de poursuites ou de protection en Cisjordanie ?
Sources
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Sources citées
- 550+ Israeli Ex-Officials Send Red-Alert Letter to Trump on Settler Violence
- Ex-IDF generals appeal to Trump, warn of 'calamity' if PM doesn't curb settler violence - Israel News Beep | NewsBeep.com
- Israel facing a bigger catastrophic terror attack than October 7? Why hundreds of retired IDF commanders are sounding the alarm and asking Trump to intervene - The Economic Times
- Settler violence claims are distorted, ignore terrorism, IDF veterans tell Donald Trump | The Jerusalem Post
- 600 Former IDF Officers To Trump: ‘Settler Terrorism’ Could Be ‘More Catastrophic Than Hamas’ | VINnews
- Israeli ex-generals urge Trump to push Netanyahu on ‘settler terror’ - Newsar Intel
- IDF officers tell Trump: 'Settler violence' claims are distorted, ignore terrorism
- Israeli former leaders and security chiefs threaten legal action over ‘Jewish terrorism’ | Israel | The Guardian
- Story of Letter from 600 Former Zionist Officials to Trump About Netanyahu - ABNA English
- Bret Stephens, a stalwart Israel defender, calls out ‘Jewish terrorists’ in West Bank - Jewish Telegraphic Agency
- Another Voice from Israel - Liberties
Traduction mise à jour le 24 septembre 2026 à 20:05 UTC−5
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