Entreprises · Emplois chez StelcoDossier en cours · reportage 2 sur 2

Plus de 300 personnes visées par les licenciements de Stelco, tandis que l’ultimatum d’Ottawa sur les emplois reste sans réponse

Plus de 300 travailleurs de Hamilton devraient être touchés sur une période de trois semaines. Stelco affirme que ses compressions respectent les engagements pris lors de l’acquisition; Ottawa n’a pas encore obtenu de revirement confirmé.

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Plus de 300 travailleurs de Hamilton devraient être touchés sur une période de trois semaines. Stelco affirme que ses compressions respectent les engagements pris lors de l’acquisition; Ottawa n’a pas encore obtenu de revirement confirmé.

Plus de 300 sidérurgistes de Hamilton devraient être touchés par les licenciements de Stelco sur une période de trois semaines. Il ne s’agit pas d’un décompte des personnes déjà sans emploi. C’est l’ampleur d’un processus qui se déroule pendant le long week-end de l’Action de grâce, alors qu’Ottawa insiste sur le fait que le propriétaire américain de l’entreprise a pris des engagements contraignants pour protéger l’emploi. Le gouvernement examine une lettre; les travailleurs reçoivent des avis. 2 3

Cleveland-Cliffs, qui a acquis Stelco en 2024, affirme que les compressions respectent les engagements pris lors de l’acquisition et entend aller de l’avant. La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, affirme que la réponse de l’entreprise est à l’étude et que toutes les options restent sur la table. Selon les informations publiées disponibles, aucun revirement confirmé ni aucun jugement concluant à une violation n’a été établi. 62 59 2

Faits essentiels

  1. Plus de 300Travailleurs de Hamilton qui devraient être touchés 23
  2. Trois semainesDéploiement prévu des licenciements 241
  3. 13 oct.Échéance fédérale rapportée; modalités complètes non vérifiées 1

Le 8 octobre, HeyDay News a rapporté qu’Ottawa avait donné à Cleveland-Cliffs cinq jours ouvrables pour présenter un plan répondant aux engagements en matière d’emploi liés à son acquisition, sous peine d’éventuelles poursuites. Des travailleurs de Hamilton recevaient des avis, la répartition d’un maximum de 500 suppressions de postes potentielles entre Hamilton et Nanticoke n’était pas arrêtée, et la date exacte d’expiration du délai de réponse n’était pas vérifiée. Ce qui a changé, c’est que des travailleurs rapportent la fin de leur emploi, et non plus seulement qu’ils l’anticipent.

Les chiffres doivent encore être distingués. Le dernier reportage de CTV News prévoit que plus de 300 travailleurs seront touchés sur une période de trois semaines; le 9 octobre, le syndicat estimait l’impact entre 300 et 350 personnes sur une période d’environ la même durée. Un reportage antérieur de CBC décrivait trois vagues. Aucun de ces éléments n’établit le nombre total de licenciements effectivement réalisés. 2 98 5

Le plafond plus élevé reste géographiquement indéterminé. Le reportage télévisé de Global News, publié le 9 octobre, faisait état d’un maximum de 500 suppressions parmi les quelque 600 emplois de Hamilton. D’autres reportages évoquent jusqu’à 500 suppressions au total à Hamilton et à Nanticoke. Il s’agit de périmètres concurrents pour une projection, et non de chiffres à additionner. L’estimation sur trois semaines ne permet pas d’établir que les autres suppressions potentielles ont eu lieu ou ont été annulées. 1 67

Cleveland-Cliffs a mis à l’arrêt pour une durée indéterminée les activités de laminage à froid et de revêtement de Hamilton Works; cela ne prouve pas que toute l’usine a fermé. Ron Wells, président de la section locale 1005 des Métallos, affirme que tout le monde n’a pas reçu d’avis officiel. Le calendrier des dates d’entrée en vigueur pour chaque personne reste flou, et les avis envoyés avant le long week-end des fêtes ne doivent pas être confondus avec une fin d’emploi pendant celui-ci. 21 41

Qu’a exactement exigé Ottawa?

L’échéance est plus concrète que dans notre reportage précédent, mais la mesure exigée ne l’est pas. Le reportage de CBC News publié le 9 octobre faisait état de cinq jours ouvrables pour présenter un plan de maintien des emplois au Canada. Celui de Global News, publié le même jour, indiquait que l’échéance pour annuler les licenciements était le 13 octobre 2026. Un plan de maintien des emplois et une annulation immédiate des licenciements sont des exigences différentes. Sans la lettre complète, sa date de réception et les modalités de calcul du délai, il est impossible de réconcilier pleinement les deux comptes rendus. 5 1

Le président et conseiller juridique général de Stelco, Paul Simon, a répondu à Joly. L’entreprise soutient que les licenciements prévus ne contreviennent pas à ses engagements en matière d’emploi pris au titre de la Loi sur Investissement Canada. Cette réponse établit un démenti, et non une conformité prouvée devant un tribunal — et le fait que Joly insiste sur le caractère contraignant des obligations ne prouve pas, à lui seul, que ces suppressions précises les enfreignent. 83 59 46

Ces promesses remontent à une acquisition achevée. Les approbations définitives au titre de la Loi sur Investissement Canada et du Fonds stratégique pour l’innovation ont été annoncées le 30 octobre 2024, alors que François-Philippe Champagne était ministre de l’Industrie. Cleveland-Cliffs a conclu l’acquisition le 1er novembre, faisant de Stelco une filiale en propriété exclusive. À la clôture, l’entreprise a déclaré qu’elle « préservait le nom et l’héritage canadien emblématique de l’entreprise ». 31 32 30

Ottawa décrit un engagement de cinq ans à maintenir les niveaux d’emploi, y compris les emplois syndiqués. Global News résume l’accord comme interdisant les licenciements jusqu’en 2029. Ces descriptions ne doivent pas être traitées comme des formulations contractuelles interchangeables : le maintien des effectifs pourrait différer de la protection de chaque poste, selon le niveau de référence, les établissements visés, la période de mesure et les exceptions. Le texte intégral de l’engagement nécessaire pour trancher cette distinction ne figure pas dans les reportages cités. 2 11 1 58

Les options de propriété ne garantissent pas les emplois

Ottawa a évoqué une éventuelle action en justice visant à contraindre l’entreprise à vendre ses actifs canadiens. Le premier ministre Mark Carney n’a pas exclu un achat fédéral, et les Métallos affirment qu’ils soutiendraient une nationalisation si elle permettait de sauver des emplois. Ce sont des possibilités et une position syndicale conditionnelle, et non une vente convenue, une acquisition annoncée ou une intervention réalisée. 1

Une vente forcée obligerait le propriétaire à se départir de ses actifs; elle ne ferait pas automatiquement d’Ottawa l’acheteur. La propriété publique relève d’un choix distinct. Des commentaires juridiques évoquent des sanctions pécuniaires prévues à l’article 40 de la Loi sur Investissement Canada, mais les documents disponibles ne permettent pas de vérifier l’ensemble des clauses de recours applicables ni d’établir que cet article autorise à lui seul la nationalisation. Aucune procédure d’application de la loi concernant Stelco, ni aucun tribunal ou numéro de dossier, n’a été établi ici; cela ne prouve pas qu’aucune procédure n’existe. 87 62

Nicolas Lamp, professeur agrégé en droit et politique à l’Université Queen’s, soutient qu’Ottawa devrait envisager la nationalisation afin de gagner du temps et d’accroître la transparence, et de veiller à ce que les décisions servent les intérêts du Canada. Goncalves a écarté cette proposition. Par ailleurs, un expert juridique a déclaré à CTV que des poursuites pourraient en révéler davantage sur les raisons de l’entreprise, mais qu’elles contribueraient probablement peu à empêcher les licenciements. Il s’agit de recommandations et d’évaluations, et non d’une politique adoptée ou de décisions judiciaires. 66 23 3

La comptabilité de l’acquisition ne permet pas de déterminer le prix d’un éventuel sauvetage aujourd’hui. Un poste explicitement exprimé en dollars canadiens indique une contrepartie en espèces de C$3,418 millions pour l’acquisition. Ce chiffre concerne la transaction conclue, et non une évaluation des actifs que l’État aurait proposée aujourd’hui. Aucun prix d’achat fédéral n’est établi. 91

Un transfert peut quand même signifier une perte

Mike Watt — identifié comme Mike Watts dans son entrevue ultérieure à CTV — est l’un des travailleurs dont le récit est passé de l’attente à la réception d’un avis. Dans une entrevue antérieure à CBC, il s’attendait à recevoir son avis le lendemain. Dans son entrevue ultérieure à CTV, il a dit l’avoir reçu et a décrit cette journée comme sa dernière au travail après 21 ans à Hilton Works. Son expérience ne permet pas d’établir la date à laquelle chaque travailleur recevra un avis. 5 4

Il a décrit un choc, le peu d’information fourni par la direction et ses inquiétudes quant à sa capacité de subvenir aux besoins de sa famille alors que les factures continuaient de s’accumuler. Il postulait déjà à des emplois, notamment en Alberta, et a dit ne rejeter la faute sur aucune partie en particulier. L’incertitude est concrète : il doit savoir quels revenus et quel travail remplaceront l’emploi qu’il a perdu. 4 5

Cleveland-Cliffs affirme qu’un nombre important d’employés de Hamilton touchés pourraient être transférés à Lake Erie Works, à Nanticoke; le syndicat se montre sceptique et fait état de peu de postes vacants. La mention d’environ 350 travailleurs touchés ne signifie pas que 350 offres de transfert ont été faites. Le nombre de postes disponibles, d’offres, d’acceptations et de transferts effectués n’est pas vérifié. 44 26

Watts a dit qu’en postulant à un emploi là-bas, ses 21 années d’ancienneté pourraient être ramenées à zéro, même s’il conserverait six semaines de vacances. L’établissement se trouve à environ une heure de route de Hamilton. Il s’agit de ses propos, et non de modalités de transfert vérifiées. Même si un poste se concrétise, un trajet plus long et la perte d’ancienneté pourraient constituer une offre très différente. 4

Son récit antérieur concernant un revenu de transition comporte aussi des réserves. Il a dit que les travailleurs pourraient toucher l’assurance-emploi et recevoir un complément syndical de $250, et il croyait que la convention collective empêchait le versement d’une indemnité de départ pendant 35 semaines. L’admissibilité, la fréquence, les modalités de paiement et la disposition réelle sur l’indemnité de départ n’ont pas été établies de façon indépendante. Il ne s’agit ni d’une garantie de prestations ni d’un conseil selon lequel tous les travailleurs doivent attendre 35 semaines. 5

Le PDG de Cleveland-Cliffs, Lourenco Goncalves, attribue les compressions à la guerre commerciale avec les États-Unis, aux droits de douane et aux pressions du marché. Le syndicat affirme que des clients canadiens ont proposé d’importantes commandes. Joly a mis en doute la cohérence du fait de soutenir les droits de douane américains sur l’acier, puis d’invoquer la guerre commerciale pour justifier la suppression d’emplois visés par les engagements pris lors de l’acquisition. Aucun des deux arguments ne fournit les registres de commandes nécessaires pour déterminer quels travaux étaient commercialement disponibles. 3 46

Watts allègue également que des commandes canadiennes n’ont pas été honorées tandis que des brames étaient envoyées aux États-Unis, y compris alors que des entreprises de la Colombie-Britannique manifestaient de la demande. Il s’agit d’allégations d’un travailleur, et non de constatations vérifiées de façon indépendante concernant les expéditions ou les commandes des clients. 4

Goncalves a lié les rappels au travail à un accord commercial sur l’acier entre le Canada et les États-Unis. Aucun accord conclu, critère d’admissibilité aux rappels, date de retour garantie ou rappel effectif n’est établi. Watts affirme ne pas savoir s’il retrouvera son emploi. 73 4

Le 13 octobre constitue le prochain test rapporté : savoir si Ottawa obtient un revirement ou accepte un plan de maintien des emplois, et s’il annonce des mesures d’application de la loi. D’ici là, le déséquilibre fondamental persiste. L’entreprise agit selon son interprétation des promesses; les travailleurs en subissent les conséquences tandis que le gouvernement décide de la manière de faire respecter ses propres engagements.

Tel que diffusé 29 lignes
  1. On October 8, we reported Ottawa's job-saving ultimatum. Now Stelco's layoffs are underway. Hundreds of workers face losing their wages while the government says their jobs carry legally binding protection. Can Ottawa enforce that promise quickly enough to protect their employment?
  2. More than 300 Hamilton workers are expected to be affected over three weeks. That's the projected impact as the layoffs roll out. Earlier union estimates put it at 300 to 350, with the cuts arriving in three rounds.
  3. Cleveland-Cliffs has indefinitely idled Hamilton Works' cold-rolled and coated operations. Those are the operations affected by the shutdown announcement. Layoff notices started reaching workers before the holiday weekend, and employment is ending during it.
  4. The union warns that some workers could receive notice and be laid off the same day. The first effective cuts have been dated October 9 and October 11. Notices arriving and jobs ending can happen on different days.
  5. The larger projection reaches up to 500 jobs. One estimate places those cuts among Hamilton's approximately 600 jobs. Another spreads the same ceiling across Hamilton and Nanticoke. The allocation remains unsettled, and adding those estimates together would count the projection twice.
  6. The three-week rollout doesn't tell us whether every other potential cut will happen. Workers are already losing employment, but the final total will depend on how the remaining layoffs, transfers and possible recalls unfold.
  7. Stelco says its cuts comply with its acquisition commitments and calls Ottawa's breach allegation false. President and general counsel Paul Simon wrote back to Industry Minister Mélanie Joly. She says the obligations are binding. A court hasn't resolved their disagreement.
  8. Ottawa describes a five-year promise to maintain employment levels, including unionized employment. The agreement has also been described as barring layoffs until 2029. The full undertaking hasn't been made public. Its baseline and exceptions will determine how an employment-level promise applies to these individual job losses.
  9. Ottawa demanded a plan to preserve Canadian jobs within five business days. October 13 is also the reported deadline for reversing the layoffs. Those demands could require different action. The complete letter and its deadline-counting terms haven't been released.
  10. Joly is reviewing Stelco's response and says all options remain on the table. So far, the company has answered by defending its compliance and proceeding with the cuts. Ottawa's ultimatum hasn't produced a reversal.
  11. Cleveland-Cliffs completed the takeover on November 1, 2024. Final approvals under the Investment Canada Act and Strategic Innovation Fund came on October 30. François-Philippe Champagne was industry minister. Stelco became a wholly owned subsidiary of the American company.
  12. At closing, Cleveland-Cliffs said it was preserving Stelco's name and iconic Canadian legacy. Ottawa now says the takeover also carried enforceable employment commitments. The argument is over how those commitments protect the people who keep the business running.
  13. The acquisition accounting lists 2,450 million dollars in cash, 343 million in share-exchange consideration and 415 million in debt consideration. That totals 3,208 million dollars in purchase consideration. The table doesn't identify the currency.
  14. A separate entry explicitly puts the cash consideration at 3,418 million Canadian dollars. It also lists a consideration share price of 60 Canadian dollars. These figures describe the completed takeover. Ottawa hasn't named a price for a federal purchase today.
  15. The consideration-share count includes outstanding Stelco shares and share-based compensation awards. That helps explain what the acquisition accounting covers. A future offer for the Canadian assets would have to be negotiated on its own terms.
  16. Prime Minister Mark Carney hasn't ruled out a federal purchase. United Steelworkers would support nationalization if it saved jobs. Queen's University professor Nicolas Lamp argues that public ownership could buy time and transparency, with decisions serving Canada's national interests.
  17. Ottawa has also raised legal action seeking a forced sale of Canadian assets. A court-ordered sale would require the owner to dispose of assets. A federal purchase would put the government in the buyer's seat. Both remain possibilities.
  18. The investment law provides for monetary penalties. But one legal expert thinks litigation would probably do little to stop these cuts, even if it revealed more about the company's reasons. A threatened court case hasn't yet delivered protection for these workers.
  19. Cleveland-Cliffs chief executive Lourenco Goncalves blames the U.S. trade war, tariffs and reduced demand. He has dismissed nationalization. The union disputes the claim that there isn't enough work. Hamilton union president Ron Wells says not everyone has received formal notification.
  20. The union says Canadian customers offered substantial business. Joly has challenged Goncalves for publicly supporting U.S. steel tariffs, then invoking the trade war to justify these cuts. Their disagreement reaches beyond the promises to the commercial choices behind the layoffs.
  21. Worker Mike Watt alleges that Canadian orders went unfilled while steel slabs were sent to the United States. He says companies in British Columbia wanted Stelco steel. Customer orders and shipping records haven't settled those allegations or the dispute over demand.
  22. Watt said earlier that he expected his notice the next day. In his later interview, he said he had received it on his last day at work. He described a shock after 21 years at Hilton Works, with little information from management.
  23. Watt worries about supporting his family while the bills keep coming. He's already applying for jobs, including in Alberta, and says he blames no single party. The same worker is called Mike Watts in his later interview.
  24. Cleveland-Cliffs says a significant number of affected Hamilton employees could move to Lake Erie Works in Nanticoke. It's about an hour's drive from Hamilton. The union is skeptical and says there are few openings. The number of actual transfer offers is unclear.
  25. Watts says applying for a Lake Erie job could reset his 21 years of seniority to zero. He says he'd retain six weeks of holidays. Those are his descriptions of the transfer terms, which haven't been confirmed in an agreement.
  26. Some discussion of transfers involved roughly 350 affected Hamilton workers. That figure counts workers affected, rather than offers accepted. For Watts, a move could bring a longer commute while stripping away seniority accumulated over more than two decades.
  27. Watt said workers could collect Employment Insurance and receive a 250-dollar union top-up. He understood the contract to delay severance for 35 weeks, but qualified that understanding. The payment terms and severance provision haven't been confirmed, leaving families unable to calculate their replacement income.
  28. Goncalves has tied recalls to a Canada–U.S. steel trade agreement. Workers could return if a deal is reached. Watts says he doesn't know whether he'll get his job back and calls the situation “blackmail,” his description of jobs being used as leverage.
  29. Ottawa hasn't secured a reversal, and Stelco continues to dispute a breach. Whether enforcement can protect these jobs quickly is still unresolved. October 13 is the next reported deadline. Workers are losing employment during the period Ottawa says its employment promise protects.

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