Reportage
Au Yémen, fuir les combats peut coûter à un enfant sa place en classe
Muneer Farie vend des chaussettes au lieu d’étudier, après que sa famille a fui les combats à Taïz. Les nouveaux chiffres sur les déplacements montrent l’ampleur des bouleversements, mais pas combien d’enfants ont été contraints de travailler.
Suivi du dossierJour 1
1 reportage27 médias53 sources
- Aucun événement daté pour l’instant
Traduit de l’original anglais.
Vidéo en langue originale
Transcription · CHARGEMENT
Que doit abandonner une famille lorsque fuir les combats signifie aussi que ses enfants doivent contribuer à sa survie ? Pour Muneer Farie, 13 ans, la réponse ne se limite pas à son village dans le gouvernorat de Taïz, au Yémen. Elle comprend aussi le temps passé en classe. The Guardian rapporte que lui et son frère vendent désormais des chaussettes et d’autres articles bon marché à l’extérieur d’un camp de déplacés, au lieu d’étudier. Leur père, Ghaleb Farie, dit leur avoir demandé de travailler parce que la famille a besoin de cet argent pour vivre. 1
Muneer espérait devenir le premier enseignant de sa famille d’agriculteurs. Avant qu’ils ne fuient leur village, dans le district d’al-Wazeyah, il entendait les explosions et les tirs depuis sa salle de classe. Les combats se sont rapprochés ; la famille est partie. Son ambition n’a pas été effacée par une enquête humanitaire, mais ses journées ont changé : les cours ont cédé la place au travail au marché. C’est le récit d’une famille, pas la preuve que tous les enfants déplacés ont suivi le même parcours. 1
Faits essentiels
Ce que montre le chiffre des déplacements
La reprise des combats entre les forces houthies et celles du camp gouvernemental a poussé des familles à se réfugier dans des camps du sud-ouest du Yémen. La dernière estimation disponible de l’Organisation internationale pour les migrations, datée du 28 septembre, dénombre 145,308 personnes issues de 24,218 ménages déplacées dans huit gouvernorats depuis le début de l’escalade sur la côte ouest, en juin. Une semaine plus tôt, le décompte comparable était de 129,438 personnes issues de 21,573 ménages. La différence est de 15,870 personnes et de 2,645 ménages, soit une hausse de plus de 12% du nombre de personnes en une semaine. 1 2
Ces limites sont importantes. Le total du 28 septembre ne concerne pas uniquement Taïz et ne signifie pas que les 145,308 personnes ont toutes fui en septembre. Il ne permet pas non plus de savoir combien de familles séjournent dans le camp de Muneer. Il montre toutefois qu’à la date du dernier décompte, les déplacements dans les gouvernorats touchés continuaient d’augmenter, au lieu de laisser place à un retour généralisé dans les foyers. 2
D’autres chiffres correspondent à des instantanés antérieurs ou à des périodes de suivi différentes. Le 17 septembre, The Guardian faisait état de 125,000 personnes déplacées à cette date ; ce chiffre a depuis été dépassé par le décompte ultérieur de l’OIM. Une estimation distincte du 25 septembre faisait état de près de 130,000 personnes déplacées au cours des trois semaines précédentes, dont environ 71,000 enfants. Elle porte sur une période récente, et non sur l’ensemble des déplacements dans huit gouvernorats depuis juin. Présenter ces 71,000 enfants comme des enfants ayant quitté l’école — ou les ajouter au total de l’OIM — reviendrait à répondre à une question pour laquelle ces chiffres n’ont pas été conçus. 4 2 32
Une scolarité perturbée n’est pas synonyme de décrochage
Selon les informations publiées le 15 septembre, plus de 137,000 enfants en âge scolaire étaient confrontés à de graves perturbations de leur scolarité dans le contexte de la reprise des combats. Cela témoigne d’une interruption de grande ampleur, mais ne constitue pas un décompte vérifié des abandons définitifs de l’école ou des enfants qui se mettent à travailler. À Taïz, certains enfants ont perdu l’accès aux cours tandis que d’autres, comme les frères Farie, sont décrits comme travaillant pour aider à subvenir aux besoins de leur famille. Aucun décompte établi ne précise combien d’enfants déplacés ont commencé à travailler lors de cette escalade. 28 1
La crise de l’éducation au Yémen précède également les derniers combats. Un rapport publié en avril 2026 à l’échelle du pays estimait à 3.2 millions le nombre d’enfants non scolarisés. La définition opérationnelle précise de cette estimation antérieure n’a pas été établie de manière indépendante ici. Il ne faut pas la présenter comme 3.2 millions d’enfants ayant été retirés des classes ce mois-ci, ni l’ajouter au chiffre de septembre concernant les enfants dont la scolarité a été perturbée. Un chiffre porte sur un problème national ancien ; l’autre décrit des perturbations dans le contexte de la reprise des combats. 26 30 28
Les difficultés des familles ne se limitent pas à la question de savoir si une école est ouverte. À Taïz, les routes bloquées ont perturbé les déplacements et le commerce et renchéri les produits de première nécessité, selon l’enquête de The Guardian. Pour un foyer vivant déjà dans un camp, il devient alors plus difficile de renoncer à un revenu immédiat. Le récit disponible ne chiffre ni les fermetures concernées, ni leur durée, ni les hausses de prix ; il ne permet donc pas d’établir précisément dans quelle mesure ces difficultés ont pesé dans la décision de Ghaleb Farie. Ce qu’il affirme, c’est que le travail de ses fils est nécessaire à la survie de la famille. 1
Ce que l’on sait
Ce que l’on ignore
- Combien d’enfants récemment déplacés travaillent, ou quand les frères pourront reprendre l’école.
La suite
- La famille pourra-t-elle rentrer sans danger et les garçons reprendre les cours ?
Les chiffres établissent l’ampleur des déplacements et l’étendue des perturbations de l’éducation. L’histoire de Muneer montre quelque chose de plus limité et de plus immédiat : lorsqu’une famille perd son logement et a besoin d’argent, la journée de travail d’un enfant peut remplacer sa journée d’école. Ni les chiffres ni son expérience ne nous indiquent quand ce compromis prendra fin. 1 2 28
Tel que diffusé 9 lignes
- Thirteen-year-old Muneer Farie sells socks outside a displacement camp instead of studying. His family fled fighting in Yemen’s Taiz governorate, while the latest displacement count across eight governorates has reached 145,308 people. What do the figures tell us about children losing school—and what remains unknown?
- Muneer and his brother sell socks and other cheap goods to help their family survive in the camp. Their father, Ghaleb Farie, says he asked the boys to work because the family needs the money. Muneer had hoped to become the first teacher in his farming family. Before they fled their village in al-Wazeyah district, he could hear explosions and gunfire from his classroom. Now work has taken the place of lessons for both brothers.
- The family fled as fighting drew close to its village. Renewed clashes between Houthi forces and Yemen’s government-side forces have broken a period of relative calm in the southwest and driven families into camps. But the count of people uprooted reaches well beyond Taiz: it covers eight governorates affected by the West Coast escalation that began in June.
- The September 28 count is 15,870 people and 2,645 households higher than the comparable count one week earlier. That is a rise of more than twelve percent in the number of displaced people. It shows displacement was still growing through September 28; it does not say all 145,308 people fled during September, or that they are all in Taiz. There is no established count for Muneer’s camp.
- Earlier figures describe earlier snapshots or different periods, not competing totals for the same date. A September 17 account used a then-current figure of 125,000. A separate estimate released September 25 covered the preceding three weeks: nearly 130,000 people displaced, including about 71,000 children. That three-week window cannot be substituted for the cumulative eight-governorate count since June. And the roughly 71,000 children displaced cannot automatically be counted as children who stopped attending school.
- As reported September 15, more than 137,000 school-aged children faced major disruption to their education amid the renewed fighting. Some children in Taiz cannot reach classes; others leave lessons to earn money. But disruption is not the same as permanent dropout, and that figure does not tell us how many children have begun working. Muneer and his brother are two specifically described cases, not a measure of child labour across Yemen.
- Schooling was already in crisis before this escalation. An April Yemen-wide estimate put 3.2 million children out of school, after years of civil war had interrupted education. The precise definition behind that older measure has not been independently established. It is not a count of children newly pushed out of class this September, and it must not be added to the figure for children facing disruption from the new fighting.
- Displacement brings other pressures alongside the loss of a classroom. In Taiz, blocked roads are disrupting travel and trade and making basic goods more expensive. That raises the cost of meeting immediate needs for families already forced from home. The specific roads affected, how long they have been blocked and the size of the price rises have not been established here.
- The answer to how many newly displaced children have moved from school into work is still unknown. The education-disruption and child-displacement figures measure different things; neither provides that count. For Muneer and his brother, work has replaced study, and there is no established date when they can return to school or when their family can safely go home.
Sources
53 sources27 médias7 dépêches reprises
International Organization for Migrationiom.int15
- Over 145k Now Displaced in Yemen, 16,000 Increase in Past Week
- Yemen — Rapid Displacement Tracking Update (20 – 26 September 2026) | Displacement Tracking Matrix
- 20260915_Yemen IOM DTM_Flash Updated_Displacement Caused by Escalation in the West Coast_No3
- Yemen Displaced Top 104,000 as IOM Calls for Urgent Action
- 20260916_Yemen IOM DTM_Flash Updated_Displacement Caused by Escalation in the West Coast_No4
- 20260913_Yemen_ IOM DTM_Emergency Displacement from West Coas_V3
- Yemen - Displacement Caused by Escalation in the West Coast — Update Dataset #9 (21 September 2026) | Displacement Tracking Matrix
- New IOM Data: Nearly 130,000 Displaced in Yemen Due to Escalating Conflict
- Other | Displacement Tracking Matrix
- Situation Report | Displacement Tracking Matrix
- Escalation in the Middle East and Beyond — Special Focus on Yemen (07 June - 18 September 2026) | Displacement Tracking Matrix
- 20260914_Yemen IOM DTM_Flash Updated_Displacement Caused by Escalation in the West Coast_No2
- Yemen - Displacement Caused by Escalation in the West Coast — Update Dataset #6 (18 September 2026) | Displacement Tracking Matrix
- KSrelief and IOM Join Forces to Provide Safer Shelter and Vital | IOM Yemen
- IOM Spokesperson: Numbers of Displaced in Yemen Reaches Nearly 94 | IOM Regional Office for Middle East and North Africa
The Guardiantheguardian.com4Premier
- Premier signalement
- Children forced to give up school for work as fighting upends daily life in Yemen
- ‘We left everything behind’: 125,000 people displaced as war reignites in Yemen | Yemen
- ‘I hadn’t seen people smiling until I arrived in the UK’: one man’s harrowing journey from Yemen to safety | Yemen
- ‘I’m afraid they’ll bomb the cafe where I work, or bomb me’: a day in the life of a 12-year-old boy in Gaza | Global development
Al Jazeera Mirroredgeone.app1
BBC Sportbbc.com1
BBC Sportbbc.co.uk1
CRBC Newscrbcnews.com1
European Express Newseuropean.express1
Middle East Monitormiddleeastmonitor.com1
News Divenewsdive.net1
Peace Newspeacenews.net1
Quanta Reportquanta.report1
Showcaseprofitpickpath.com1
theguardianwings.pages.dev1Hébergeur non vérifié
Yemen Online |yemenonline.info1
Zonebourse Suissezonebourse.com1
منصة أطفال اليمنyemenschildren.net1
Carte des sources
Consultez les éléments à l’appui de ce reportage. La carte montre leurs liens ; les liens ci-dessous ouvrent les sources citées dans cet article.
La carte des sources se charge pendant votre lecture.
Traduction mise à jour le
Historique des révisions
- r1Première publication.
