Reportage
Un juré, trois enfants morts, aucun verdict : le procès Clancy s'effondre
Après une semaine de délibérations et quatre notes signalant une impasse, un jury du Massachusetts n'a pas pu décider si la psychose post-partum exonérait Lindsay Clancy. Un bras de fer autour d'un juré récalcitrant a mis fin au procès sans verdict.
Traduit de l’original anglais.
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Au cœur de cette affaire, il y a toujours trois petits prénoms, et aucun verdict à placer à côté. Cora avait 5 ans, Dawson 3 ans et Callan 8 mois lorsqu'ils ont été étranglés avec des bandes élastiques de musculation dans la maison familiale de Duxbury, le 24 janvier 2023. 4 24 Leur mère, Lindsay Clancy, s'est ensuite tailladé les poignets et le cou, puis s'est jetée d'une fenêtre du premier étage. Elle a survécu mais reste paralysée : elle se déplace aujourd'hui en fauteuil roulant et est détenue sans possibilité de libération sous caution à l'hôpital de Tewksbury. 24 27 Depuis, tout — cinq semaines d'audiences, plus de 80 témoins, une semaine de délibérations — a tourné autour de cette matinée d'hiver, sans établir ce qu'elle signifiait au regard de la loi.
Lindsay Clancy, 36 ans, ancienne infirmière en salle d'accouchement, n'a pas nié les meurtres. 4 24 Tout le procès devant la Cour supérieure de Plymouth a porté sur une seule question : la psychose post-partum la rendait-elle pénalement irresponsable de ses actes ? 4 6 Selon l'accusation, elle a agi de manière délibérée et en toute connaissance de cause, et elle a envoyé son mari chercher des médicaments et le dîner précisément pour se retrouver seule avec les enfants. 24 27 La défense a soutenu qu'une grave maladie post-partum l'avait rendue incapable de comprendre le caractère répréhensible de ses actes. 11 24 Cinq semaines et plus de 80 témoins n'ont pas permis de trancher la question de son état mental au moment des faits, et c'est cette frontière non résolue entre psychose et intention criminelle qui a bloqué le jury. 6 7
Le vendredi 4 septembre 2026, le juge William F. Sullivan a prononcé l'annulation du procès après que le jury a indiqué ne pas pouvoir parvenir à un verdict unanime, et il a libéré les jurés vers 14 h 22. 4 27 Les délibérations avaient duré environ sept jours, soit quelque 36 à 40 heures, à l'issue d'un procès d'environ cinq semaines. 21 24 Le Boston Globe a recensé 84 témoins et plus de 300 pièces à conviction. 21 24 Le jury délibérant comptait neuf femmes et trois hommes, avec six suppléants, et le Massachusetts exige un verdict pénal unanime pour condamner ou acquitter. 24 18
Quatre notes jusqu'à l'annulation
- 1er sept.2725
Le jury envoie une première note signalant une impasse ; le juge le renvoie délibérer.
- 2 sept.1625
Une deuxième impasse entraîne l'instruction Tuey-Rodriguez, dite « dynamite charge », pour poursuivre les délibérations.
- 3 sept.28
Le président du jury signale qu'un seul juré reconnaît avoir un doute mais refuse d'appliquer l'instruction sur le doute raisonnable.
- 4 sept., 14 h 22427
Une dernière note, écrite « le cœur lourd », déclare l'unanimité impossible ; le juge annule le procès et libère le jury.
L'impasse qui a mis fin au procès s'est cristallisée autour d'un seul juré. 2 8 Après deux premières notes signalant un blocage, le président du jury a adressé une nouvelle note le jeudi 3 septembre, indiquant qu'un seul juré reconnaissait avoir un doute mais refusait d'appliquer l'instruction de la cour sur le doute raisonnable pour rendre un verdict. 2 8 L'avocat de la défense, Kevin Reddington, a déclaré au juge qu'un juré isolé avait en quelque sorte fait cavalier seul et refusait de respecter la loi, et il a demandé qu'il soit remplacé par un suppléant. 8 17 Il a publiquement décrit un jury partagé à 11 contre 1, onze jurés étant favorables à l'acquittement et un seul bloquant le verdict — une répartition que la cour elle-même n'a pas confirmée. 29 11
Le juge a refusé d'écarter le juré récalcitrant
Le juge Sullivan a interrogé le juré et refusé de l'écarter, estimant qu'il n'était pas approprié de le faire sur la base de ces éléments et qu'il ne prendrait pas parti pour un camp ou l'autre dans les délibérations. 8 25 Il a accordé environ une heure à la défense pour porter la bataille devant un juge unique de la Cour suprême judiciaire du Massachusetts. 25 26 La juge associée Dalila Argaez Wendlandt, examinant la requête d'urgence par Zoom, a rejeté la demande de suspension. 8 26 La défense a demandé au juge Sullivan de redonner vendredi l'instruction Tuey-Rodriguez, dite « dynamite charge » — l'instruction type qui rappelle aux jurés qu'ils sont aussi compétents que tout futur jury, qu'ils doivent continuer à délibérer avec ouverture d'esprit et qu'ils ne doivent pas renoncer à une conviction sincère dans le seul but de parvenir à l'unanimité —, ce qu'il a refusé. 16 25 Le juge Sullivan a ensuite lu en audience la dernière note du jury avant de libérer les jurés. 4 27
Faits essentiels
Le premier témoin de l'accusation était son ex-mari, Patrick Clancy, qui avait demandé le divorce en 2024. 24 27 Il a décrit la dégradation de son état après la naissance de Callan et les pensées intrusives qu'elle lui avait confiées, ainsi que ce qu'il a qualifié de l'une de ses meilleures journées, juste avant les meurtres. 27 24 L'appel au 911 a été diffusé devant le jury : il l'a trouvée dans le jardin après sa chute, elle lui a dit avoir tenté de se suicider, puis que les enfants étaient au sous-sol. 27 24 Il a également témoigné qu'elle lui avait dit avoir entendu une voix d'homme l'avertir que si elle n'agissait pas « maintenant », elle « perdrait sa chance ». 24 27 Il a déclaré lui pardonner et estimer que la maladie mentale était en cause. 24 7
C'est le cœur lourd que nous vous informons que nous ne parvenons pas à une décision unanime, et que nous n'y parviendrons pas.
En parallèle de l'affaire pénale se déroule une bataille civile autour des soins qui l'ont précédée. 24 En janvier 2026, Lindsay et Patrick Clancy ont engagé devant la Cour supérieure de Norfolk des poursuites pour homicide par négligence et faute médicale contre des soignants et établissements de santé — parmi lesquels la Dre Jennifer Tufts, l'infirmière praticienne Rebecca Jollotta, Aster Mental Health et South Shore Health —, invoquant une erreur de diagnostic, une polymédication non coordonnée et un suivi insuffisant pendant environ quatre mois. 24 Les documents judiciaires et les médias font état de plus d'une douzaine de médicaments psychiatriques et de plus de 30 ordonnances entre septembre 2022 et janvier 2023, dont du Zoloft, de l'Ativan, de la trazodone, du Prozac, de l'Ambien, du Remeron, du Klonopin, du Seroquel, du Valium et du Lamictal. 24 Ces procédures civiles étaient toujours en cours à la fin du mois d'août 2026. 24
L'annulation du procès laisse l'affaire pénale en suspens et remet la décision entre les mains du procureur. 21 31 Le procureur du comté de Plymouth, Timothy Cruz, a déclaré qu'il déciderait « rapidement » s'il fallait organiser un nouveau procès, soulignant que les accusations de meurtre au premier degré étaient « justifiées » et que l'affaire visait à obtenir justice pour Cora, Dawson et Callan — et il a révélé que ses procureurs avaient reçu des menaces. 21 31 Il peut rejuger Lindsay Clancy pour meurtre au premier degré devant un nouveau jury, requalifier les chefs d'accusation à la baisse, rechercher un accord de plaidoyer ou abandonner les poursuites. 24 Les analystes s'attendent généralement à un nouveau procès, compte tenu du parcours de Timothy Cruz, mais l'affirmation de la défense selon laquelle le jury était partagé à 11 contre 1 en faveur de l'acquittement, le coût d'un second procès et l'épreuve imposée à la famille plaident en sens contraire. 21 24 Le juge Sullivan a fixé une audience de mise en état au 29 septembre et a évoqué la tenue d'un procès « le plus tôt possible », peut-être à l'automne. 21 25 Kevin Reddington a qualifié l'annulation de « parodie de justice » et affirmé que sa cliente « méritait un acquittement ». 21 24 L'avocat de Patrick Clancy a déclaré que revivre l'affaire lors d'un autre procès serait « extraordinairement douloureux ». 24
Ce que l’on sait
Ce que l’on ignore
- Aucune répartition des votes confirmée ; le 11 contre 1 en faveur de l'acquittement n'est qu'une affirmation de la défense.
- Aucune décision pour l'instant sur un nouveau procès, un accord de plaidoyer, des accusations réduites ou un abandon des poursuites.
La suite
- Le procureur Timothy Cruz décidera-t-il d'un nouveau procès devant un nouveau jury avant l'audience du 29 septembre ?
Pour de nombreux observateurs, l'impasse n'a rien de surprenant. 6 7 Les faits étaient largement admis ; la frontière juridique entre psychose et intention criminelle, elle, ne l'était pas. 6 7 Pour ses soutiens, c'est l'histoire d'une prise en charge post-partum défaillante et d'une surmédication. 7 Pour l'accusation et le procureur, il s'agit du meurtre de trois enfants, et ils refusent de considérer un jury sans majorité comme une preuve d'innocence. 21 7 Le procès s'est achevé sans réponse sur la responsabilité pénale, et la tenue d'un second procès dépend désormais de Timothy Cruz et d'une audience de mise en état le 29 septembre. 21 25
Tel que diffusé 18 lignes
- A single holdout juror left a triple-murder jury deadlocked at 11-to-1.
- The judge refused to remove that juror, and after four deadlock notes, he declared a mistrial. The question now is whether the district attorney will try Lindsay Clancy again.
- Four notes in four days. Each time the judge pushed the panel to continue, but the split never closed.
- The defense publicly described the panel as divided eleven to one for acquittal, with one juror blocking a verdict. The court itself never confirmed that split. But the defense's account is what drove the final fight over this jury.
- Those were the words that ended the trial — the jury's own admission that it could not agree. The judge read them aloud before discharging the panel.
- That deadlock came down to one juror. The foreperson told the judge that a single juror acknowledged doubt but refused to apply the court's instruction on reasonable doubt. Defense attorney Kevin Reddington argued the juror had gone rogue, and asked the judge to replace him with an alternate. The judge questioned the juror, then declined, saying it was not proper to remove a juror on that record, and that he would not side with one side or the other of the deliberations.
- The facts of the killings were never disputed. Cora, five; Dawson, three; and Callan, eight months — all strangled with exercise resistance bands. Clancy then cut her wrists and neck, and jumped from a second-story window. She survived with paralysis, now uses a wheelchair, and is held without bail at Tewksbury Hospital. The only question was whether mental illness made her not criminally responsible.
- Prosecutors argued she acted deliberately and knowingly, and that she sent her husband out to pick up medicine and dinner specifically to leave herself alone with the children. The defense countered that postpartum psychosis — a severe form of depression following childbirth — left her unable to understand the wrongfulness of her actions.
- The trial itself lasted about five weeks, hearing from more than 80 witnesses. The Boston Globe counted 84 witnesses and more than 300 exhibits. Yet the central issue — her state of mind at the moment of the killings — was never resolved.
- The deliberating jury was nine women and three men, with six alternates. Massachusetts requires a unanimous criminal verdict. An 11-to-1 split is not a verdict, which is what left the case with no outcome.
- The prosecution's first witness was her ex-husband, Patrick Clancy. He filed for divorce in 2024. He described her decline after Callan's birth, the intrusive thoughts she disclosed, and what he called one of her best days right before the killings. The 911 call was played: he found her in the yard after the jump, she told him she had tried to kill herself, then said the children were in the basement. He also testified she told him she heard a man's voice warning that if she did not act now, she would lose her chance. He has said he forgives her and believes mental illness was responsible.
- Judge William Sullivan gave the defense about an hour to appeal the removal decision to the Massachusetts Supreme Judicial Court. Associate Justice Dalila Argaez Wendlandt heard the emergency request by Zoom and denied it. The mistrial then went forward.
- Some numbers are solid: the mistrial, the deliberation length, the witness count. The eleven-to-one split is the defense's characterization, and the court never confirmed it.
- After the mistrial, the defense lawyer called it a travesty and said his client deserved an acquittal. The district attorney, Timothy Cruz, said he would decide shortly whether to retry, emphasizing that the first-degree murder charges were warranted, and that the case was about getting justice for Cora, Dawson, and Callan. He also disclosed threats against his prosecutors.
- The decision now rests with District Attorney Timothy Cruz. He could retry Clancy on first-degree murder, reduce the charges, seek a plea, or drop the case. Analysts generally expect a retrial, given Cruz's record, but the defense's claim of an 11-to-1 acquittal split, the cost of a second trial, and the strain on the family all weigh against it.
- It's Massachusetts's standard instruction to break a deadlock — sometimes called the dynamite charge. The judge gave it once, after the second impasse note, and refused to give it again on Friday.
- Parallel to the criminal case, both Clancys filed wrongful-death and malpractice suits against healthcare providers in January 2026. They allege misdiagnosis, uncoordinated polypharmacy, and poor monitoring over roughly four months — more than a dozen psychiatric medications and over 30 prescriptions from September 2022 to January 2023. Named among the providers are Dr. Jennifer Tufts, nurse practitioner Rebecca Jollotta, Aster Mental Health, and South Shore Health. Those civil cases were still pending as of late August. Patrick Clancy's lawyer said reliving the case in another trial would be extraordinarily painful.
- Five weeks and more than 80 witnesses never settled the only question that mattered: her state of mind in the moment. The facts were agreed. The legal line between psychosis and criminal intent was not. To her supporters, this is a story of failed postpartum care and overmedication. To the prosecution, it is the murder of three children, and they reject treating a hung jury as proof of innocence. The trial ended without an answer. Whether there is a second one now rests with the Plymouth County district attorney, and a status conference scheduled for September 29.
Sources
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Sources citées
- Meet the Press NOW — September 3
- Holdout in Lindsay Clancy trial: Judge refuses to dismiss juror
- Deadlocked jury to resume deliberations in Lindsay Clancy trial | AP News
- Judge declares mistrial in Clancy case after jurors, with 'heavy heart,' fail to reach verdict | WBUR News
- Judge declares mistrial in Lindsay Clancy murder case as jury deadlocks
- Why the Lindsay Clancy Trial Ended in a Deadlock | The New Yorker
- Lindsay Clancy’s fate unresolved as mistrial leaves her case in the court of public opinion – for now | CNN
- Lindsay Clancy trial mistrial: Defense faced battle to remove juror
- Judge declares mistrial in Lindsay Clancy trial over killing her children
- Judge declares mistrial in Lindsay Clancy trial over killing her children
- Clancy Trial Ends in Mistrial After Jury Deadlocks 11-1
- www.mass.gov
- Fuentes v. Commonwealth, Massachusetts Supreme Judicial Court, 2007
- Commonwealth v. Jenkins, Massachusetts Supreme Judicial Court, 1994
- JENKINS, COMMONWEALTH vs., 416 Mass. 736
- What is the Tuey-Rodriguez instruction given in Lindsay Clancy's trial? - WCVB
- Lindsay Clancy Jury Appears Split 11-1 as Defense Tries to Remove Lone Holdout | WLT Report
- Hung Juries and the Lindsay Clancy Trial • U.S. Constitution
- Commonwealth v. Nettis, Massachusetts Supreme Judicial Court, 1994
- ROTH, COMMONWEALTH vs., 437 Mass. 777
- Lindsay Clancy mistrial: Will prosecutors retry her?
- Lindsay Clancy case ends in mistrial after jury deadlock, defense appeal denied
- Lindsay Clancy murder trial ends in mistrial despite dramatic appeal from defense
- Lindsay Clancy trial: What a mistrial means for the triple-murder case | CNN
- Lindsay Clancy judge says he’ll declare a mistrial, but grants defense one hour to appeal
- Lindsay Clancy mistrial declared after higher court denies emergency appeal over one juror's behavior - CBS Boston
- As it happened: Judge in Lindsay Clancy case declares a mistrial | AP News
- Key things to know about Lindsay Clancy's case after judge declares mistrial | PBS News
- Lindsay Clancy mistrial: Lawyer says 11 favored acquittal — live updates
- Lindsay Clancy Mistrial Leaves Murder Case in Legal Limbo - Newsweek
- Lindsay Clancy mistrial: DA Cruz weighs possible retrial
Traduction mise à jour le 24 septembre 2026 à 08:09 UTC−5
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